lundi 12 novembre 2012

Les dévots de La pensée mythique


WITT/SIPA
Quel est le point commun à ces éminences du clergé médiatique que sont Christophe Barbier, Nicolas Beytout, Dominique Seux, François Lenglet, Jean- Marc Vittori, Franz-Olivier Giesbert, Erik Izraelewicz, Eric Le Boucher, Yves de Kerdrel et consorts ? Nonobstant leurs différences, ils ont fait du « coût du travail » leur cible unique.  

Nos Excellences ne prennent du rapport Gallois que ce qui les intéresse pour fonder le raisonnement suivant : si la France va mal (et c’est le cas), si son industrie s’est rabougrie (et c’est la réalité), si elle exporte moins (et cela ne se discute pas), c’est parce que le travail coûte trop cher. En vertu de quoi, une économie massive sur les « charges » (qui sont la partie du salaire consacrée aux cotisations sociales ) devrait remettre la machine en marche et la faire repartir comme par miracle. Amen. 
  
On entend cette petite musique du matin au soir, sans que personne parmi les membres du chœur susdit s’interroge le moins du monde sur les carences d’un tel raisonnement. S’il suffisait de baisser les charges pour relancer les investissements industriels, cela se saurait puisque c’est déjà le système en vogue pour les bas salaires. Si la compétitivité était indexée sur le faible niveau des salaires, la Grèce, l’Espagne et le Portugal devraient figurer dans le top du top. Si les cadeaux aux entreprises sans contre partie permettaient de stimuler le made in France, Arnaud Montebourg serait le premier à brûler un cierge pour fêter l’événement. 

Les hauts dignitaires de l’Eglise médiatique ne rentrent pas dans ce genre de considérations. Le coût du travail est leur nouveau mantra, et nul ne les fera dévier de leur mission évangélisatrice. Habitués à se tromper, ils persistent et signent. Tout comme ils étaient pour le traité  de Maastricht en 1992, pour le traité européen en 2005, pour le nouveau traité européen signé par François Hollande, ils sont pour la version « coût du travail » du choc de compétitivité, notion imposée dans le débat public par les tenants de l’orthodoxie néolibérale grâce aux tergiversations d’un PS qui ne sait plus sur quel pied idéologique danser. 
  
Les maîtres à (bien) penser ne parlent jamais du coût du capital, du coût des dividendes, du coût de la rente, du coût des délocalisations, du coût des fuites de capitaux, du coût des placements financiers, ou même du coût de la niche fiscale dont ils bénéficient en tant que journalistes. En revanche, le coût du travail salarié, cela les révulse au plus haut point, et ils n’hésitent pas à monter en prêche pour appeler les malheureux à se sacrifier en place publique. Au passage, ils en oublient les voix iconoclastes faisant remarquer qu’il ne faut pas mettre dans le même panier grandes et petites entreprises, et que la compétitivité dépend aussi de l’effort de recherche, de l’innovation, du financement des banques ou du patriotisme industriel, sans lequel nul ne peut résister aux conséquences de la mondialisation sauvage. Pour la nouvelle cléricature, ces considérations impies sont vouées au grand bûcher de l’Inquisition. 
  
Quelqu’un a dit : « La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’échapper aux idées anciennes. » Il s’appelait Keynes. Encore un hérétique. 

vendredi 9 novembre 2012

L'hôpital public, un grand corps malade



Journaliste à Marianne, notamment en charge des questions de santé En savoir plus sur cet auteur
Une hémorragie. Aux urgences, en médecine interne, dans les couloirs encombrés de brancards des établissements de santé parisiens, lyonnais ou orléanais, partout la même effusion, de plus en plus difficile à contenir : les soignants battent en retraite, épuisés par la désorganisation des hôpitaux publics depuis une dizaine d'années. «Je me sens devenir impuissant pour diriger le service. Nos moyens sont trop insuffisants ou inadaptés en regard de l'activité qui ne cesse de croître et de se compliquer», écrivait, début septembre, le Dr Pierre Taboulet en démissionnant de la chefferie des urgences de l'hôpital Saint-Louis(Paris). «Les conditions minimales ne sont plus réunies pour que nous puissions continuer à prendre en charge nos patients, tous, sans discrimination, dans la dignité», renchérissaient, quelques semaines plus tard, les Drs Adrien Kettaneh, Kiet Phong Tiev et Cécile Toledano en claquant la porte du service de médecine interne d'un autre hôpital parisien, Saint-Antoine.   

Endetté, soumis à des réductions budgétaires drastiques, plombé par des emprunts toxiques, pressuré par des objectifs de rentabilité, l'hôpital souffre. Et avec lui les soignants et les soignés. «La pression exercée sur le personnel est délétère : importante démotivation, mouvements de colère, augmentation de la souffrance au travail, augmentation de l'absentéisme, difficultés de recrutement», ne peut que constater Bernard Granger, psychiatre à l'hôpital Tarnier et un des animateurs du Mouvement de défense de l'hôpital public (MDHP). Un tiers des postes de praticiens ne sont pas occupés par des titulaires, les anesthésistes-réanimateurs ne sont plus assez nombreux, les infirmières manquent à tous les étages. 

Grâce à une politique de recrutement attractive et à des primes d'installation de 2 000 €, les Hospices civils de Lyon (HCL) ont pu recruter 820 infirmiers en 2011-2012. Une soixantaine de postes sont toujours vacants. Idem à l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), où le manque d'infirmières a été quelque peu comblé, passant de 200 en 2011 à 30 en 2012. Mais pour combien de temps ? Le turn-over est énorme dans la profession. 

DE L'AVC AU RHUME

L'usure des personnels s'accentue à mesure que l'hôpital se mue en véritable refuge, dernière soupape d'une société en voie de précarisation. L'afflux aux urgences, exponentiel depuis que les médecins libéraux ne prennent plus de gardes, devient de plus en plus ingérable. «Chaque année, on enregistre 10 passages quotidiens en plus. Tout ça avec des moyens, eux, constants», explique Hélène*, assistante sociale dans un service d'urgences parisien. Aux accidentés graves, aux victimes d'AVC ou de malaise cardiaque se sont ajoutés des travailleurs pauvres enrhumés, des classes moyennes grippées qui ne trouvent plus les moyens de se soigner ailleurs, des familles à la rue faute de place dans les hébergements du Samu social... En dix ans, les passages aux urgences ont doublé, jusqu'à atteindre 17 millions par an. 

«Nous ne refusons personne. On prend, on prend, sans avoir de moyens. Le personnel finit par craquer, poursuit Hélène, épuisée de ne pouvoir apporter de solution à tous ces gens. Je suis attachée au service public, mais je ne me vois pas continuer encore longtemps. Ce n'est pas tant en raison de mes conditions de travail. Plutôt à cause du peu de perspectives qu'on offre aux patients. Partir, c'est encore ce qu'il y a de plus honnête pour soi, pour les patients.»

IL FAUT QUE ÇA DÉPOTE

Une des causes de ce mal qui ronge l'hôpital public et la foi des plus acharnés se résume en trois lettres : TAA, la tarification à l'activité, introduite en 2004. A cette époque, les pouvoirs publics veulent en finir avec la dotation globale et réduire le déficit hospitalier. La TAA doit permettre d'améliorer la gestion hospitalière. Chaque acte médical est tarifé et les établissements sont payés en fonction des actes. 

En 2009, la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST), concoctée par Roselyne Bachelot, apporte le coup de grâce : les mots mêmes de «service public hospitalier» disparaissent des textes, public et privé sont mis en concurrence. L'hôpital entreprise est né ! Des économies sont faites sur les personnels. Ceux qui restent sont priés d'être «efficients». Consigne est donnée d'«optimiser le codage» des actes. «Les hôpitaux ont tout intérêt à favoriser les activités qui rapportent. Quitte à tricher, en multipliant les actes ou en les surcotant», indique Bernard Granger. 

Dans les services, il faut que ça dépote. Les ressources matérielles et humaines sont mutualisées - à moins que vous ne soyez un «mandarin» à fort pouvoir médiatico-politique, à qui on ne refuse rien, même pas ses exigences coûteuses et inutiles. Le moindre soin est soumis à toute une montagne de procédures. Des indicateurs de qualité mesurent l'efficacité des services. Aux urgences, les délais d'attente doivent être réduits. Tant pis si le taux de retour croît d'autant plus que le passage est rapide... Aux soins palliatifs, il faut mourir en vingt et un jours, sans quoi on vous envoie dans un autre service, dans un autre établissement.«Pour l'administration, le malade ne représente plus grand-chose», se désole un médecin hospitalier. Dans leur culte de l'indicateur, les «panseurs» autoproclamés de l'hôpital avaient même envisagé d'afficher le taux de mortalité de l'établissement dans le hall d'entrée ! 

«Les procédures, le management par la performance, aboutissent à une perte de motivation et d'argent phénoménale», estime une toubib. «On est tout le temps sur le fil du rasoir. Il ne faudrait pas grand-chose pour que ça craque», souligne Joséphine, secrétaire médicale. Pourtant, la machine tourne ! «L'hôpital fonctionne encore parce qu'on pense aux patients, parce que l'on a à cœur que le service public de santé continue à remplir son rôle», renchérit Nathalie, infirmière à l'hôpital Beaujon, à Clichy. La soignante, aussi doctorante, planche actuellement, avec le soutien de la direction, sur l'évolution du métier d'infirmière hospitalière, prenant en compte les besoins des patients, les contraintes de la démographie et des impératifs économiques. 

CARTE VITALE CONTRE CARTE GOLD

«La finalité de l'hôpital, c'est la santé des gens, pas gagner de l'argent», rappelle Bernard Granger. A l'ère de la rentabilité à tous crins, les besoins de santé sont quelque peu occultés. En tout cas, ils ne sont plus prioritaires. C'est ainsi que l'été des lits sont fermés pour permettre aux personnels de dégonfler un peu leur compte épargne temps, saturé de jours de récup. Ailleurs, les activités jugées peu rentables, comme les centres d'IVG, sont laissées à l'abandon. 

Pendant ce temps-là, quelques «médecins stars» utilisent les moyens de l'hôpital pour soigner leur ego, qui en exigeant la création d'un service là où il n'y en a pas besoin, qui en oubliant sa fonction de soignant à force de cumuler trop de casquettes, qui en explosant les compteurs légaux d'activité libérale... Les dépassements d'honoraires, véritable plaie de l'hôpital. Ce sont dans les couloirs aseptisés des établissements publics que sont facturés les plus extravagants, les plus excessifs. Dans l'opacité la plus totale. Paradoxe de l'hôpital public français : à mesure que l'accueil des patients qui n'ont qu'une carte Vitale se détériore, ceux qui dégainent la carte Gold ont droit à un traitement de VIP. 

François Hollande invente la «TVA compétitivité»

DENIS ALLARD-POOL/SIPA
Le feuilleton médiatique du rapport Gallois se termine par un étrange épilogue. Alors que François Hollande critiquait par avance le « choc de compétitivité », réclamé par l’ex-patron d’EADS, voici que, Jean-Marc Ayrault, soudain plein d’audace, non seulement annonce une baisse des cotisations patronales de 20 milliards (le « crédit d’impôt compétitivité emploi » –CICE), mais de plus, la finance pour un tiers  par l’augmentation de la TVA que le candidat socialiste qualifiait « d’inopportune et injuste ». Explication d’un retournement de veste. 

La cote d’alerte est dépassée. Le rapport Gallois a dessillé les yeux d’une certaine gauche, et de François Hollande en particulier, sur le décrochage rapide subi par l’Hexagone, après plus de dix ans de laisser-aller. La part de l’industrie dans le PIB (12,5% ) est désormais inférieure non seulement à celle de l’Allemagne, de la Suède, mais aussi de l’Italie. La France est confrontée à son environnement européen embarqué dans une course folle aux « dévaluations intérieures », notamment en Italie et en Espagne. Il n’est plus temps  de débattre des mérites relatifs de la compétitivité «coûts » ou la compétitivité « qualité » : il faut d’urgence rétablir les marges bénéficiaires de l’industrie manufacturière, tombées à 21%. A ce niveau les entreprises ne peuvent plus investir, innover, embaucher. C’est la seule, mais réelle,  justification du « crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi ». Ce n’est d’ailleurs qu’après coup que sont venus les promesses de créations de 300.000 emplois et d’une croissance relevée, à terme, de 0,5% 

Un transfert massif… D’abord les consommateurs. Les nouveaux taux de TVA  à 20%,10%, et 5% rapporteront 6 à 7 milliards d’euros dès l’année 2014.  Ensuite les « pollueurs », puisqu’on nous annonce une nouvelle « fiscalité écologique » d’un montant de 3, milliards. Mais, c’est l’Etat qui assumera l’autre moitié de la facture, puisque Jean-Marc Ayrault compte trouver 10 milliards d’euros d’économies « durables et structurelles », en plus des 50 milliards déjà programmés sur cinq ans. Les collectivités locales, encore épargnées cette année par le plan d’austérité de la gauche, seront mises à contribution dès 2015.  C’est bel et bien d’un transfert de fiscalité des entreprises vers les contribuables et la puissance publique, longtemps demandé par le patronat, auquel se résout la gauche. 

Sans condition. Personne n’oserait parier là-dessus. Le but avoué par Matignon est juste de fournir « un bol d’air » aux entreprises « pour regagner un peu du terrain perdu ». On est plus proche du sauve-qui-peut inévitable qu’au seuil d’une révolution dans les politiques économiques gouvernementales. Les 20 milliards de réduction des cotisations du CISE, viendront s’ajouter aux 23 milliards d’euros d’exonération de charges déjà existantes, sans condition. Que l’entreprise embauche ou non, qu’elle délocalise ou non, qu’elle investisse ou non, qu’elle distribue des dividendes ou non, le crédit d’impôt restera proportionnel (6%) à la masse salariale payée en France. Le gouvernement a aussi choisi de promettre l’argent avant d’obtenir du patronat un accord dans la négociation cruciale sur la sécurisation de l’emploi. 

Une  ébauche de stratégie économique. En fait la sortie de crise est bien davantage à chercher dans les 34 autres mesures du « pacte », bien moins médiatiques, du « pacte national pour la compétitivité et l’emploi » : recherche, innovation, formation, financement des PME, montée en gamme des produits français, dialogue social étendu, etc., et dont le gouvernement prétend qu’elles définissent une « stratégie claire pour la France dans la mondialisation », inspirée non pas de l’Allemagne et de ses violentes réformes anti-sociales, mais de la Suède sociale-démocrate, pays qui a réussi son redressement industriel, en réduisant certes la dimension de son Etat et ses coûts salariaux, mais en confortant son système solidaire. 

On peut saluer l’ambition proprement sociale-démocrate. Mais les Français devront s’armer de patience, car il leur faudra bien plus de cinq ans pour retirer les fruits de la « TVA compétitivité », s’ils n’ont pas pourri sur l’arbre !

Dernier sondage: "Le niveau de confiance de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault recule le plus fortement auprès des sympathisants de gauche", 

jeudi 8 novembre 2012

Etude: En finir avec la compétitivité


Suite à la communication des mesures d'austérité du gouvernement (augmentation de la TVA, baisse des cotisations sociales patronales), je vous transmets ce rapport    très intéressant et touffu d'ATTAC et de la fondation copernic.

Début

le thème de la compétitivité est un marronnier des dé-
bats de politique économique. c’est une obsession tenace
malgré la difficulté à en proposer une définition claire et ad-
mise par tous, sinon sous une forme tellement vague qu’elle
se prête à toutes les interprétations : « la définition géné-
ralement retenue de la compétitivité d’une nation est la ca-
pacité à améliorer durablement le niveau de vie de ses
habitants et à leur procurer un haut niveau d’emploi et de
cohésion sociale », nous dit le cae  les auteurs ne cachent
pas « les réserves méthodologiques que le concept suscite»
et ils rapportent même le propos de paul Krugman « contre
la “dangereuse obsession” de compétitivité de l’administra-
tion clinton et de l’Union européenne » car « la compétiti-
vité est un mot vide de sens lorsqu’il est appliqué aux
économies nationales »vide de sens, mais symbolisant très
bien les stratégies patronales de pousser encore plus avant
la libéralisation de l’économie et du « marché » du travail
en particulier, malgré « l’inscription de la cohésion sociale
dans les politiques de compétitivité » affirmée par la Stra-
tégie de lisbonne.
Lire la suite du Rapport
          

Une médecine libérale à bout de souffle



Journaliste à Marianne, notamment en charge des questions de santé En savoir plus sur cet auteur
Un système qui se dégrade, des patients, qui, faute de moyens financiers, renoncent à se soigner, l'inégalité d'accès aux soins entre zones rurales et grandes villes... Le pronostic vital du modèle français de santé est engagé. Traitement de choc : des réformes courageuses.

(Des internes manifestent le 17 octobre 2012, à Paris - SEVGI/SIPA )
(Des internes manifestent le 17 octobre 2012, à Paris - SEVGI/SIPA )
C'est ce qui s'appelle manquer de tact... mais pas de démesure. Encore une fois, les médecins les plus libéraux ont gagné. Les syndicats ont durci le ton, les «pigeons» ont piaillé sur les réseaux sociaux et agité la menace d'une grève des blocs opératoires, les internes ont été lâchés. Et les dépassements d'honoraires, légitimés. Pour leur encadrement, il faudra repasser. Les patients peuvent donc souffler : ils continueront à être bien soignés. Car, depuis le départ, les contestataires brandissent l'étendard de la santé publique, plus porteur il est vrai que celui de leurs rémunérations... Comme s'il n'était pas possible de bien soigner sans dépasser. 

Inutile de se demander qui sont les dindons de la farce des «pigeons» en blouse blanche... Cela fait trente ans que ça dure. Trois décennies de pressions, de corporatismes qui ont permis à toute une partie des (ultra)libéraux de s'exonérer du service public de la santé, libres de ne plus prendre de gardes, de pratiquer les tarifs qu'ils veulent, de s'installer où bon leur semble. Tant pis pour les patients qui vivent dans des trous paumés, tant pis pour les fauchés, tant pis pour les urgences hospitalières, au bord de l'asphyxie à force d'être transformées en cabinet de consultations. 

«Cette absence de volonté de prendre bille en tête la frange la plus libérale des médecins et de réintégrer la médecine libérale dans le champ du service public va se traduire par une dérégulation croissante, une augmentation des difficultés d'accès aux soins, une baisse de l'attractivité de la médecine générale et aura des répercussions sur l'hôpital public», anticipe Frédéric Pierru, sociologue de la santé. Quand la médecine de ville tousse, c'est tout le système de santé qui se grippe. A force de la laisser proliférer, l'affection est devenue sévère. 

Gangrenée par des dépassements d'honoraires devenus ordinaires, mise à mal par un paiement à l'acte inflationniste, minée par une désertification galopante et une crise des vocations, la médecine libérale est à bout de souffle, plus guère satisfaisante ni pour ceux qui l'exercent, ni pour les patients. «Ce qui menace la médecine libérale, c'est la tendance à la mercantilisation», souligne Frédéric Pierru. Ou quand la recherche du profit prend le pas sur les besoins de santé d'une population... Une dérive accélérée par Raymond Barre qui, en 1980, plutôt que de revaloriser les actes médicaux, autorise les toubibs à facturer des compléments d'honoraires non remboursés (le secteur 2). Un gagnant-gagnant pour les professionnels de santé qui augmentent leurs revenus et pour la Sécu qui ne creuse pas son «trou». 

Un marché de dupes, en réalité : le principe d'une santé égalitaire et solidaire en prend un sacré coup. Trente ans plus tard, 2,5 milliards d'euros de dépassements d'honoraires sont facturés aux patients (contre 900 millions en 1990). Quarante et un pour cent des spécialistes et 86 % des chirurgiens dépassent de 55 % le tarif opposable, en moyenne, jusqu'à des pics délirants. 

Six jeunes libéraux sur 10 s'installent d'emblée en secteur 2. «Il y a un appât du gain chez certains médecins», reconnaît Bernard Coadou, généraliste girondin fraîchement retraité, promoteur d'un mouvement contre les dépassements. Quand une poignée de pontes, souvent hospitaliers, abusent franchement, d'autres, plus nombreux, pratiquent de «petits» dépassements réguliers et généralisés. Vingt euros par ci, 100 par là... De quoi sévèrement attaquer le portefeuille des Français. Les «dépasseurs» ne manquent pas d'imagination, allant jusqu'à facturer une très subjective «prime de notoriété», estimant que leur seul nom vaut bien quelques centaines d'euros en plus. Un «supplément au supplément déjà banalisé» du secteur 2, selon les mots d'une patiente bordelaise outrée par cet «abus» (300 euros que le spécialiste, dans sa grande mansuétude, lui a proposé de payer en plusieurs fois, avant de s'asseoir dessus). 

«Les médecins gagnent bien leur vie. Combien faut-il d'euros pour être heureux ?» s'interroge Bernard Coadou, atterré par les folies de quelques-uns, atteints par le «syndrome du footballeur». Un généraliste gagne, en moyenne, 79 000 euros annuels ; un ORL, 98 000 ; un cardiologue, 117 000 ; et un radiologue, 149 000. Insuffisant, se lamentent les syndicats les plus conservateurs, justifiant leurs suppléments d'honoraires par la hausse de leurs charges combinée, il est vrai, à la faible rémunération, dans certaines spécialités, des actes par la Sécu. Est-il normal qu'une consultation chez le dermato coûte moins cher qu'une coupe-couleur-Brushing ? Qu'un généraliste gagne moins à l'heure qu'un plombier ? 

L'assurance maladie s'est dite prête à revaloriser les tarifs du secteur 1, espérant ramener ainsi les brebis égarées du secteur à honoraires libres dans le giron d'une santé égalitaire. Une solution satisfaisante... en apparence seulement. Si les ménages y gagnent, pas sûr que les finances et la santé publiques en tirent bénéfice. Car rien n'empêche un toubib rémunéré à l'acte de consulter plus pour gagner plus. Dans les zones largement pourvues en blouses blanches, l'offre médicale tire déjà la demande. En Provence-Alpes-Côte d'Azur, où cabinets et cliniques poussent comme des champignons et où les médecins doivent se partager moins de patients, les prescripteurs font chauffer l'ordonnancier. Résultat : une consommation de soins de ville supérieure de 14 % à la moyenne nationale, 40 % d'endoscopies et angioplasties de plus. 

DÉSORGANISATION DU SYSTÈME

Tout bénéfice pour le patient, qui n'hésite plus à faire monter les enchères entre la pléthore de toubibs à sa disposition, un jour pour des antibiotiques inutiles, un autre pour un arrêt de travail injustifié. «Etre dans un département où la densité de médecins généralistes est forte augmente la probabilité individuelle d'être en arrêt maladie», indique une étude de l'Institut de recherche et documenttion en économie de la santé (Irdes). D'autres encore se montrent indulgents, voire complaisants, quand il s'agit de faire bénéficier à un patient du régime affection longue durée (ALD), qui permet une prise en charge à 100 % des dépenses. 

En 2009, 8,6 millions de Français étaient en ALD (dont les critères peuvent se montrer assez flous), pour un coût de 78 milliards d'euros, soit 59 % du total des dépenses de remboursement. «En ville comme à l'hôpital, certaines prescriptions de médicaments et d'examens ne servent à rien», reconnaît Claude Leicher, président de MG France, principal syndicat de généralistes. «Notre système de santé se désorganise. Chacun fait tout et plus personne ne sait de quoi il est responsable. Alors qu'il serait très facile de faire 10 % d'économies en utilisant mieux le système ! C'est d'ailleurs dans cette optique que nous avions demandé la création du médecin traitant et du parcours de soins. Mais, pour ça, il faut donner des moyens au généraliste», poursuit Claude Leicher. 

Tandis que les syndicats de spécialistes discutent le bout de gras pour conserver leur confort libéral, oubliant au passage que c'est la collectivité qui leur assure leurs revenus, les médecins de premier recours, majoritairement en secteur 1, se paupérisent. Conscient de leur rôle pilier dans le système de soins, François Hollande a fait savoir qu'il souhaitait «assurer une pleine reconnaissance du médecin traitant, celui qui évolue dans un cadre collectif et qui doit avoir un juste niveau de rémunération». 

«Il y a une tension entre la médecine générale qui poursuit son déclin et des spécialistes libéraux qui veulent le beurre et l'argent du beurre», constate Frédéric Pierru. Tandis que les rangs des spécialistes s'étoffent (+ 9,9 % entre 2007 et 2017, selon les calculs du conseil national de l'ordre des médecins), ceux des généralistes s'amenuisent (- 7,5 % sur la même période), laissant craindre une pénurie d'ici à cinq ans. Et pas seulement dans la Creuse ou les Ardennes : Paris, les Hauts-de-Seine, le Haut-Rhin ou le Gard font partie des 34 départements potentiellement «à risque».

RÉPARTITION INÉGALE


Les jeunes délaissent l'exercice libéral (moins de 10 % font ce choix lors de l'inscription au tableau de l'ordre), des «anciens» pas si vieux dévissent leur plaque avant l'âge de la retraite. En 2011, 62,2 % des «déplaquages» concernaient des omnipraticiens. 

Si 84 % des Français comptent encore un généraliste dans leur commune, selon l'Insee, tous n'y ont pas un accès aisé. «Proximité ne rime pas toujours avec accessibilité», rappellent les statisticiens, soulignant le déséquilibre qui existe dans certaines communes entre le nombre de praticiens pouvant les desservir et le nombre de patients potentiels : «D'où un risque de file d'attente». Six mois après son arrivée dans le Berry, Nicolas, 27 ans, a appelé une demi-douzaine de toubibs avant de trouver celui qui voudrait bien soigner sa vilaine grippe : «Tous m'ont expliqué qu'ils ne prenaient pas de nouveaux patients. Ou alors si, mais dans trois semaines !» Une broutille comparée aux six mois d'attente pour consulter un ophtalmo à Bourges... 

D'après une étude de l'UFC-Que choisir, 13 % de la population vit dans un désert ophtalmologique, 14 % dans un désert gynécologique et 19 % dans un désert pédiatrique, quels que soient les tarifs pratiqués par ces spécialistes. Et pourtant, il n'y a jamais eu autant de médecins en France : en trente ans, leur nombre a explosé de 92,9 % ! Jamais ils n'ont été aussi mal répartis. Quand les pharmaciens et les infirmières ne peuvent s'établir que là où il y a des besoins, les mêmes toubibs conservateurs persistent à défendre bec et ongles leur sacro-sainte liberté d'installation - et les politiques les ont laissés s'y accrocher. L'accès géographique aux soins est le prochain grand chantier sanitaire de François Hollande. Osera-t-il, cette fois, un traitement de choc ? 

mercredi 7 novembre 2012

Dépassements d’honoraires médicaux : Sarkozy en a rêvé, le gouvernement Hollande-Ayrault-Touraine veut le faire !


Par Bernard Teper 

La crise de 2007 a marqué la fin de la fuite en avant financière devant l’incapacité du capitalisme développé à créer de la richesse réelle. On arrive maintenant à l’os : seule une baisse drastique des salaires peut encore permettre de continuer. Là où le salaire socialisé est important, comme en France, les coupes commencent dans cette composante, c’est moins directement visible et politiquement plus gérable. Les services publics sont de plus en plus ouvertement la cible des gérants du capital, qu’ils soient de droite ou de gauche.
Ainsi, Nicolas Sarkozy et Xavier Bertrand, son ministre d’alors, projetaient d’encadrer, dans un projet qui s’appelait alors le « secteur optionnel », les dépassements d’honoraires avec un dépassement autorisé de 50 % du tarif opposable pour 70 % des patients, les 30 % restant devant être pratiqué au tarif conventionné. Ce projet n’a pas vu le jour.
Arrive alors un nouveau président, François Hollande, qui annonce que « le changement, c’est maintenant ». Sa ministre, Marisol Touraine, ainsi que Frédéric Van Roekeghem, le tout puissant directeur de l’Union Nationale des Caisses d’Assurance-Maladie (UNCAM), ancien directeur d’une entreprise du CAC 40(AXA), qui continue la même politique que sous Sarkozy de privatisation des profits et de socialisation des pertes dans le système de santé, tous deux gagnés à l’ordolibéralisme destructeur des principes de la République sociale, sont sur le point de faire pire que dans le projet du secteur optionnel.
Cette fois-ci l’accord réactionnaire autorise non pas 50 % de dépassement, mais 150 %, ce qui veut dire 2,5 fois le tarif opposable, excusez du peu ! Et cette fois l’accord de l’Union nationale des organismes complémentaires à l’assurance-maladie (UNOCAM, dont l’un des membres, la Fédération française des sociétés d’assurance FFSA, est l’une des principales branches du MEDEF), dont le but est de dépecer la Sécurité sociale, soutient ce projet. Voilà ce que souhaitent les représentants de l’oligarchie pour les 5 ans qui viennent avec cette proposition d’avenant à la dernière convention médicale.
Mais vous ne savez pas tout. Car pour l’instant, aucun mécanisme de sanction n’est prévu et la discussion est renvoyée à plus tard pour application en 2013. Donc pour l’instant, nous avons une obligation de limitation sans sanction : elle n’est pas belle l’histoire pour les prédateurs ! Mais pire encore, l’oligarque qui dirige la Sécurité sociale est prêt, avec le soutien du MEDEF et de la ministre, à prendre en charge les cotisations sociales des médecins du secteur 2 à dépassements, contre une vague promesse de diminuer les dépassements pour les patients pauvres et de faire bénéficier des tarifs opposables les bénéficiaires de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS) ! Rappelons que l’ACS est une subvention des caisses de sécurité sociale via les commissions sociales pour aider les pauvres à souscrire une complémentaire santé d’un organisme de l’UNOCAM. Et puis bien, sûr, rien n’est fait pour dissuader les nombreux médecins de « repousser de leurs cabinets » les titulaires de la CMU et des bénéficiaires de l’ACS. De même que rien n’est fait pour lutter contre les dépassements sauvages y compris dans l’hôpital public lorsque le quota du secteur privé de l’hôpital public est dépassé!
Il va sans dire que l’application de cet accord aura comme conséquence de maintenir le niveau global des dépassements tout en augmentant le nombre de médecins qui feront des dépassements. Il n’y aura donc aucune amélioration quant à l’accès aux soins ni dans la lutte contre les inégalités sociales de santé. Aujourd’hui, nous sommes dans une seringue avec 6,3 milliards (dont 2,1 pour la médecine et 4,2 pour les dentistes) de dépassements en consultation auxquels il faut rajouter 5,5 milliards pour les actes techniques
Rendez-vous est donc pris pour la suite de l’histoire. Pour notre part, nous allons continuer à promouvoir dans nos campagnes d’éducation populaire, avec le Réseau Éducation Populaire (REP) et en prolongement des thèses que nous avons défendues dans le livre « Contre les prédateurs de la santé », les positions suivantes:
  • application du principe de solidarité, à savoir « à chacun selon ses besoins et chacun doit y contribuer selon ses moyens »
  • suppression de tout dépassement d’honoraires tant pour les consultations que pour les actes techniques
  • augmentation des certains tarifs opposables des consultations et de certains actes techniques ainsi que des salaires des médecins salariés
  • développement à côté du secteur « libéral », d’une médecine ambulatoire publique organisée autour des centres de santé qui seront partout et pour tous des centres de premier recours bénéficiant comme les hôpitaux d’une enveloppe des Missions d’intérêt général et d’aide à la contractualisation (MIGAC), dont le montant sera substantiellement renforcé grâce à une reformation du partage de la valeur ajoutée.
  • engagement dans un processus visant à terme que le financement public ne finance plus le privé lucratif pour les actionnaires.
  • financement des hôpitaux et des centres de santé et de prévention de premier recours non à l’acte ou à la tarification à l’activité (T2A), mais selon une tarification du parcours de soins liée à la pathologie.

Refusons le débat interne au Medef sur le « choc de compétitivité »



Par Évariste 

Tout se passe comme si le débat interne du Medef devenait par excellence le débat de toute la France. La mise en scène est caricaturale : à Gallois la défense de la position dure du Medef , à Moscovici le porte-parolat de la fraction molle du Medef. Où est la souveraineté populaire là-dedans ? Une fois de plus, nous avons devant nous la « société du spectacle » (Guy Debord) qui montre bien que nous sommes en pleine bataille culturelle. Gallois, l’ancien responsable de la commission économique du Céres, bras droit de Jean-Pierre Chevènement, aujourd’hui bras armé du Medef… Moscovici, ancien vice-président du Cercle de l’industrie (le principal lobby des patrons du CAC 40 ) avec Alain Lamassoure (UMP)…
Rappelons tout d’abord l’outrecuidance, largement accepté par l’ordolibéralisme, d’utiliser un terme de la microéconomie directement dans la macroéconomie sans réflexion théorique préalable. Cela paraît à peu près aussi scientifique que d’estimer que la circulation sanguine permet d’expliquer les flux de biens et de services.
Puis disons tout net que la France a déjà connu une politique d’austérité déflationniste en 1935 avec Pierre Laval qui avait diminué toutes les dépenses de l’Etat, y compris les salaires des fonctionnaires, avec comme but la relance de l’économie par l’exportation. Le taux de change du franc était surévalué par rapport aux autres monnaies, comme l’est actuellement l’euro. Cette politique a eu pour effet que la France a été le seul pays dont le revenu par habitant à la fin de la décennie ne dépassât pas celui du début de la décennie.
Comme toujours dans ce cas-là la baisse des “coûts salariaux” accroît les marges des entreprises, donc le profit sans accroître l’investissement productif. Tout simplement parce que les entreprises capitalistes n’investissent que si il y a augmentation de la demande. Sans augmentation de la demande, les entreprises capitalistes ont tendance à engranger le profit pour les actionnaires.
Par ailleurs, aujourd’hui, comme tous les pays européens font la même politique austéritaire ordolibérale, les « gains éventuels » à l’exportation ne joueraient donc que pour l’exportation hors Europe et là, même madame Michu sait très bien que cette exportation est minoritaire.
En dernier lieu, sachons que les entreprises exportatrices françaises n’emploient que du personnel qualifié et qu’elles ont déjà et depuis longtemps délocalisé la main d’œuvre peu qualifié à l’extérieur et qu’une baisse des cotisations sociales n’avantagera que les patrons des entreprises de main d’œuvre qui ne sont pas exportatrices.
Cassons aussi l’idée du miracle allemand avec des inégalités sociales et une pauvreté bien supérieures à la France. Cette situation doublée du fait que l’indice conjoncturel de fécondité de l’Allemagne est de 1,4 (au lieu de 2,1 pour la France) ne peut entraîner que de la crise sociale en Allemagne.
Cassons aussi l’idée que la baisse des cotisations sociales (ce nesont pas des charges mais un bienfait pour l’humanité avec le financement de la protection sociale !) rendra la France plus compétitive. Errare humanum est, perseverare diabolicum ! Il y a longtemps que le patronat de l’industrie française a abandonné le haut de gamme à forte valeur ajoutée. Donc, la France n’est pas principalement en concurrence avec les pays développés, notamment pour ses importations. Le patronat français a spécialisé ce qui reste de l’industrie française dans la moyenne gamme et de ce fait, ses principaux concurrents sont les pays émergents des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Là, même madame Michu sait très bien que le rapport salarial est alors de 1 à 10 environ et qu’une baisse des charges est insuffisante pour rattraper le rapport salarial. Donc une fois de plus, la baisse des cotisations sociales aura comme conséquence d’augmenter le profit des actionnaires.
Une autre idée simple à défendre est que le pourcentage de la recherche développement (R&D) par rapport au PIB en France est inférieur à la moyenne de l’OCDE ce qui montre que la France, deuxième pays de la zone euro, fait un effort de recherche industrielle inférieur à la majorité des pays européens!
Alors me direz-vous « que faire »?
Arrêtons de sur-réagir au débat interne du Medef même si ce dernier utilise comme porte-parole d’une part un ancien chevènementiste pour son aile prétendument la plus excessive et le gouvernement socialiste pour son aile prétendument modérée. Il faut changer de paradigme. Il faut penser un monde nouveau.
Un monde nouveau avec des changements institutionnels y compris dans l’Union européenne où il faut rompre avec la dérive des traités, une relance de la demande et donc du salaire global (salaire direct et cotisations sociales), un accroissement important de la recherche développement industrielle (multiplier par trois au moins son pourcentage par rapport au PIB) pour développer le haut de gamme industriel à forte valeur ajoutée dans une transition énergétique et écologique, un libre-échange uniquement avec des pays en convergence économique, un néo-protectionnisme écologique et social pour les autres lié à un développement des protections sociales et écologiques des travailleurs des BRICS et des pays de délocalisation.
Tout cela ne sera possible que si nous donnons la priorité au débat, à la formation, à l’armement intellectuel du peuple, à l’éducation populaire sur les 4 ruptures nécessaires pour changer de paradigme, sur les 4 exigences fondamentales pour penser le monde nouveau, sur les 10 principes constitutifs du nouveau monde et enfin reprendre une stratégie conforme aux politiques de temps long et de temps court garantes du changement possible et nécessaire. Nous reviendrons sur ce point si vous organisez des débats locaux en faisant appel à Respublica et au Réseau Education Populaire. Nous faisons déjà 200 initiatives et conférences par an. Il ne tient qu’à vous d’augmenter ce chiffre si vous rentrez dans la danse et nous invitez lors des réunions que vous organisez !

La fameuse compétitivité dont on nous rebat les oreilles: 
A l'occasion du débat autour du "rapport Gallois", Laurent Maffeïs, du secteur "Etudes et Arguments" du Parti de Gauche, décortique en quoi la question de la compétitivité telle qu'elle nous est présentée par la droite, le patronat et même par le Parti socialiste, est inefficace économiquement et disqualifiée écologiquement. Les problèmes de compétitivité des entreprises et de déséquilibre de la balance commerciale sont pourtant à nouveau placés en ce moment au centre de l'actualité. Ceci est en réalité une stratégie pour s'attaquer à nouveau aux salaires, aux 35h et aux acquis sociaux en général, tout en n'apportant aucune solution aux problèmes de la désindustrialisation, de l’augmentation des importations et du coût du capital.  Vidéo à voir