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lundi 7 avril 2014

Chômeurs proches de l'âge de la retraite : la mauvaise surprise du nouvel accord sur l'Unedic


Afin de tenir compte du relèvement progressif de l’âge minimum de la retraite de 60 ans à 62 ans, le nouvel accord sur l’assurance chômage prévoit de relever, à compter du 1er juillet 2014, l’âge à partir duquel les chômeurs indemnisés peuvent bénéficier du maintien de leurs indemnités jusqu’à la liquidation de leur retraite à taux plein. Un nouveau calcul qui n'arrange pas tous les seniors qui se retrouvent sans emploi à l'approche de la retraite.

Les chômeurs âgés de plus de 50 ans ont le droit à une durée d’indemnisation de 36 mois maximum. En principe, une fois, ces 36 mois épuisés, le versement de leurs allocations cesse. Toutefois s’ils sont toujours en cours d’indemnisation à 61 ans (ou après), la convention d’assurance chômage actuellement en vigueur prévoit qu’ils peuvent bénéficier du maintien de leurs allocations chômage, même s’ils ont épuisé leur 36 mois d’indemnisation, jusqu’à l’âge auquel ils auront réuni le nombre de trimestres nécessaire pour faire liquider leur pensions à taux plein, ou à défaut jusqu’à l’âge du taux plein applicable à leur génération.
Le bénéfice de cette mesure est réservé aux chômeurs indemnisés depuis au moins un an, ayant cotisé pendant au moins 12 ans au régime d’assurance chômage (dont un an en continu ou deux ans discontinus, au cours des 5 ans précédent la fin de leur contrat de travail, et ayant validé au moins 100 trimestres pour leur retraite.
La nouvelle convention d’assurance chômage relève l’âge requis pour bénéficier de ce maintien de droits : il est porté à 61 ans et 2 mois pour les assurés nés en 1953, à 61 ans et 7 mois pour ceux nés en 1954 et à 62 ans pour les chômeurs nés à partir de 1955. Cette mesure s’appliquera à compter du 1er juillet 2014 aux salariés dont la fin du contrat de travail est postérieure au 30 juin 2014.
Concrètement, cela signifie qu’une personne qui se retrouve aujourd’hui au chômage à 58 ans, voire quelques mois avant compte tenu des différés d’indemnisation, est assurée d’être portée par Pôle emploi jusqu’à l’âge auquel elle pourra percevoir sa retraite à taux plein. A partir du mois de juillet prochain, elle devra attendre d’avoir au moins 59 ans (génération 1955) pour être assurée de ce maintien.
Nathalie Cheysson-Kaplan

lundi 7 octobre 2013

Réforme des retraites : à quel âge partirez-vous et combien toucherez-vous selon votre profession ? - Capital.fr

Présenté en conseil des Ministres, le 18 septembre, le projet de réforme des retraites devrait être voté par le Parlement d'ici la fin de l'automne, pour s'appliquer dès le 1er janvier 2014. Quel sera son impact sur votre future pension ? A quel âge pourrez-vous décrocher si vous voulez toucher une retraite à taux plein ? Réponse métier par métier, génération par génération.

Non, la réforme des retraites ne sera pas indolore. En augmentant le nombre de trimestre – à raison d'un trimestre tous les trois ans à compter de 2020 – les pensions des futurs retraités vont bel et bien baisser. Pour savoir qui sera le plus affecté par cette cinquième réforme des retraites, Capital.fr a demandé au cabinet Optimaretraite de mesurer son impact pour chaque génération, dans neuf régimes différents (employés, cadres, cadres supérieurs, cadres dirigeants, consultant, avocats, médecins, commerçants, fonctionnaires) avec des niveaux de salaires et d'études variés. Pour établir ces comparaisons, nous sommes partis sur le principe que nous prendrons tous notre retraite à l'âge légal de 62 ans, ce qui mettra en avant le nombre de trimestres manquants et vous permettra ainsi de savoir combien de temps il vous faudra travailler en plus pour toucher une retraite à taux plein.
Le résultat est sans appel : les pensions des futures retraités vont baisser. Les employés et les fonctionnaires seront relativement épargnés quel que soit leur âge. Ils toucheront respectivement 65,13% et au pire 60,10% de leur dernier salaire lorsqu'ils prendront leur retraite. "Les employés ont généralement commencé tôt et sont donc peu impactés par un allongement de la durée de cotisation", commente Marc Darnault d'Optimaretraite.
Coup de massue en revanche pour les cadres qui empocheront chaque mois moins de la moitié de leur dernier revenu. "Comme ils sont entrés plus tard dans la vie active, ils subissent de plein fouet la décote appliquée, au nombre de trimestres manquants", explique cet expert. A titre d'exemple, il manquera 19 trimestres à un cadre dirigeant âgé de 40 ans aujourd'hui, s'il a commencé à travailler à 24 ans (hors jobs étudiant). Cela signifie qu'il devra travailler près de 5 ans au-delà de l'âge légal de la retraite pour toucher une pension à taux plein, soit jusqu'à 67 ans. Même constat pour le consultant de la quarantaine qui a débuté sa carrière à 26 ans, il gagnera à peine un cinquième de ses honoraires une fois à la retraite, compte tenu de la décote appliquée pour les 12 trimestres de cotisation qu'ils lui manquent. Soit à peine 12.582 euros par an s'il gagne actuellement 67.200 euros net annuel.
Et pourtant, malgré ces efforts à consentir, il est fort à parier que cette réforme ne suffira pas. Car François Hollande n'a pas osé toucher aux sacro-saints avantages des régimes spéciaux de la RATP, d'EDF ou encore de la Banque de France. Trop politiquement sensibles. Il n'a pas non plus entrepris sur une réforme de fond en misant sur une retraite à la carte et un mécanisme par points comme en Suède. Trop compliqué et trop long d'aligner 35 régimes différents pour une réforme promise avant la fin de l'année.
Contrairement à Sarkozy qui avait augmenté l'âge légal de départ à la retraite, le gouvernement Ayrault s'est donc contenté de jouer sur la durée de cotisation. A savoir, cette dernière sera allongée d'un trimestre tous les 3 ans à partir de 2020 pour terminer à 43 ans de cotisations en 2035. Cet allongement entraîne mécaniquement une baisse des pensions de retraite à cause du mécanisme de la décote calculée en fonction du nombre de trimestres manquants.
Dans l'hypothèse où vous prendrez votre retraite à l'âge légal de 62 ans, voici le montant de la pension que vous toucherez (régime de base + complémentaire) et le nombre de trimestres qu'il pourrait vous manquer pour toucher une pension à taux plein, selon la profession que vous exercez et l'âge que vous avez actuellement :
Dossier réalisé par Sandrine Chauvin

mercredi 12 juin 2013

Comprendre l’attaque 2013 contre les retraites


Mardi 11 juin 2013
Par Évariste
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Comprenons d’abord qu’elle s’inscrit dans le droit fil des attaques ordolibérales que nous connaissons depuis le tournant de 1983. Mais ce trentième anniversaire le premier où tous les secteurs de la protection sociale (santé, famille, retraites, droit du travail, etc.) seront touchés et amoindris. Par ailleurs, cela se fera avec une violence inouïe compte tenu de l’importance des reculs sociaux opérés, et du fait que la droite et l’extrême droite sont en mutation culturelle (on l’a vu avec la vigueur des mobilisations contre le mariage pour tous) dans la voie d’un durcissement réactionnaire rarement atteint en France. Cette évolution redonne de la pertinence à l’analogie avec les années 30.
Malheureusement, la gauche solférinienne, qui tient le cap du progrès dans les domaines sociétaux (avec notre soutien sur ce point…), est sur les questions économiques et sociales complètement gagnée aux intérêts du patronat et de l’oligarchie.
Elle nous fait croire que le fait de passer d’un ratio de 6 retraités pour 10 actifs à un ratio de 9 retraités pour 10 actifs oblige à augmenter le nombre d’annuités. C’est comme si la diminution par 10 du nombre de paysans et la multiplication par 2,5 du nombre de bouches à nourrir nous emmenaient à la famine. Eh bien, non ! Tout simplement par ce que la production de nourriture a été augmentée d’un rapport beaucoup plus fort encore. Pour les retraites comme pour la nourriture, ce qui compte, ce n’est pas le rapport des actifs et des retraités mais le rapport entre le nombre d’actifs et le nombre de retraités d’une part et la production de richesse d’autre part. Or ce rapport, la productivité du travail, est en France le plus élevé dans le monde.
Le gouvernement solférinien nous enfume ! En prenant les chiffres du COR, en 2050, le salaire moyen global (en globalisant les retraites et les salaires) serait plus de 60 % plus élevé qu’en 2010. Le problème est donc la répartition des richesses que l’oligarchie ne veut pas changer ! Et même si on table sur un développement des richesses moins importante, il suffit d’une augmentation de 18,75 % pour maintenir le salaire moyen global (retraites comprises). Or moins la croissance est forte, plus il faut réformer le partage de la valeur ajoutée au profit des salariés.

Dans quels termes poser la question

Beaucoup de discours d’intellectuels ou de responsables politiques de la « gauche de la gauche » sont des discours inopérants. Pourquoi ? Ils développent l’idée que la politique suivie par nos gouvernants est mauvaise (sous-entendu pour résoudre la crise !) et que tout pourrait être réglé par une mesure et une seule. En fait, d’après eux, il suffirait de les écouter, d’appliquer la mesure miracle et nous serions dans le nirvana politique. Bien sûr, chacun d’entre eux a une idée de mesure simple, spécifique, singulière (la fameuse cacophonie des différentes « prééminences surplombantes ») qui résoudrait tous les problèmes et aurait comme par enchantement un effet d’entraînement immédiat sur tous les autres domaines.
En réalité, ils essayent d’esquiver aujourd’hui les deux questions centrales à savoir :
- que les couches populaires (ouvriers et employés représentant 53 % de la population française) ne sont pas globalement convaincues de l’utilité de voter Front de gauche et n’utilisent ce vote Front de gauche qu’en 5e choix (après, dans l’ordre, l’abstention, le vote FN, le vote PS et le vote UMP) ;
- que le niveau atteint par la crise systémique du modèle politique ordolibéral ne demande pas de se persuader de prendre la simple et bonne mesure qui entraînerait toutes les autres mais bien de commencer à penser la complexité et la nécessaire globalisation des combats et donc des mesures politiques conséquentes pour produire un nouveau modèle politique alternatif. Et dans ce cas, l’efficacité demande d’articuler dès aujourd’hui les politiques de temps court et les politiques de temps long.
Notre analyse conclut qu’il faut passer aujourd’hui de « la gauche de la gauche » à « la gauche de gauche » au sens de Bourdieu. Comment ? En considérant que nos gouvernants ne font pas une mauvaise politique mais font une excellente politique qui va à court terme de réussite en réussite… dans l’intérêt de l’oligarchie ! Notre proposition consiste donc à remettre au poste de commande non pas une solution technique ou économiciste qui entraînerait le nirvana politique mais la lutte des classes qui est et reste… le moteur central de l’histoire.
Nous sommes entrés dans une contradiction principale antagonique entre les intérêts objectifs des couches populaires et des couches moyennes intermédiaires (24 % de la population française pour ces dernières) d’une part et l’oligarchie d’autre part. Il ne peut plus y avoir de compromis dynamique de type fordiste ou social-démocrate lorsque nous sommes dans une contradiction de type antagonique. La guerre sociale est donc l’horizon de la politique menée par l’oligarchie. Voilà pourquoi il vaut mieux se préparer à des situations chaudes que de proposer des solutions techniques et économicistes réalisées à froid. C’est la globalisation des combats (sans en oublier un seul !) qui est à l’ordre du jour. Ou, dit autrement, ce qui est à m’ordre du jour c’est un nouveau modèle politique, culturel et social et non l’application d’un précepte technique ou économiciste dans le cadre actuel du capitalisme.

Les intentions proclamées

La compilation des douze rapports du Conseil d’orientation des retraites (COR) qui se sont succédé depuis moins de 20 ans permet de mesurer la constance et l’opiniâtreté des dirigeants ordolibéraux de droite et de gauche. A chaque alternance, malgré les changements de personnes au sein du COR, les douze rapports vont dans le même sens.
Une fois encore, appliquant la stratégie de la « société du spectacle », le gouvernement jette une poudre aux yeux dont les ingrédients sont :
- la volonté du retour à l’équilibre, à la fois rapide et durable, en jouant sur la durée d’activité, le niveau des ressources, le niveau relatif des retraites ;
- l’objectif de rendre le système plus juste, en particulier du point de vue des femmes, des carrières courtes, de la pénibilité ;
- la volonté d’assurer la cohérence entre les régimes.
En fait, les dirigeants de la gauche solférinienne ont intégré l’oligarchie et ne diffèrent de la droite néo-libérale que pour les questions sociétales et sur la marque de la poudre aux yeux proposée pour faire passer la pilule ! Leur véritable objectif n’est pas de s’appuyer sur une analyse des besoins utiles, nécessaires et finançables (par une reformation du partage de la valeur ajoutée), mais de diminuer la protection sociale solidaire (ici les retraites), en diminuant le montant des retraites, soit par allongement de la durée de cotisation, qui ne fera qu’augmenter le chômage et réduire les pensions, car la majorité des salariés de plus de 55 ans sont déjà sans emploi, soit en diminuant directement le montant nominal des retraites. Qui peut croire à l’objectif annoncé de rendre le système plus juste ?

La régression du droit social

Sur le plan théorique, la contre-révolution néo-libérale consiste à faire baisser le coût du travail, c’est-à-dire les salaires. Dans l’impossibilité politique (pour l’instant) de s’attaquer au salaire direct, elle s’attaque au salaire socialisé et s’attache donc à faire régresser le champ du droit social (celui qui regroupe les prestations universelles dépendantes des droits politiques et sociaux pour tous, comme le remboursement assurance-maladie, les allocations familiales, les pensions à prestations définies, etc.) au profit de deux champs privés, à savoir le champ du privé lucratif et celui de l’assistance aux pauvres (emprunté à la doctrine sociale de l’Eglise). Dans toutes nos conférences publiques d’éducation populaire, nous montrons que le développement concomitant de ces deux derniers champs en France n’a fait qu’augmenter les inégalités sociales de santé et de protection sociale, alors que seul le développement du champ du droit social a permis de les diminuer.
Par exemple, depuis l’instauration de la CMU-C par le gouvernement Jospin, les inégalités sociales de santé n’ont fait que croître alors que pour les faire diminuer, il faudrait un nouveau droit à caractère universel, à savoir l’accès égalitaire aux soins de qualité partout et pour tous avec remboursement à 100 % par la Sécurité sociale.
On comprend par là comment une partie de « la gauche de la gauche » totalement étrangère à « la gauche de gauche » a troqué la nécessaire lutte de classe des exploités contre les exploiteurs pour la lutte des pauvres contre les riches, chère à la doctrine sociale de l’Eglise. Cette mutation permet au turbocapitalisme actuel et à ses thuriféraires de cantonner les « pauvres » dans un statut juridique dérogatoire à la citoyenneté culturelle, politique, économique et sociale.1

L’argument de l’équilibre budgétaire

François Hollande nous a dit qu’il faut parvenir à l’équilibre de la Sécurité sociale sans augmenter les recettes de la Sécurité sociale, et parvenir à supprimer la dette publique en 2017 après avoir dès 2015 mis le déficit public sous la barre des 3 %.
Alors, disons le tout net, il faut supprimer plus de 7 % des dépenses publiques, soient plus de 70 milliards d’euros. Rien que cela ! Mais alors pourquoi les retraites ? Parce que les retraites représentent le quart des dépenses publiques !
Alors que le mouvement réformateur néo-libéral a déjà fait baisser le niveau des retraites de plus de 20 % grâce aux contre-réformes régressives de 1987 et 1993 de la droite et que la gauche solférinienne n’a jamais remises en cause, nous en sommes aujourd’hui à un déficit des régimes de retraite et de chômage de 17,5 milliards d’euros. Selon l’OFCE, la dépression due à la crise représenterait à elle seule 23,5 milliards d’euros (ce qui coûte 5 % des emplois et donc des cotisations, toujours selon l’OFCE). On voit donc bien que l’oligarchie qui est avec une partie importante des couches moyennes supérieures la seule bénéficiaire du système capitaliste actuel et de sa crise est donc directement responsable de ce déficit des régimes de retraite et de chômage.
S’ajoute à cela que les cadeaux fiscaux et sociaux donnés par la droite et la gauche solférinienne à l’oligarchie (on n’est jamais si bien servi que par soi-même) et à la majorité des couches moyennes supérieures, leur ont permis d’avoir des régimes de retraite par capitalisation qui aujourd’hui ont un excédent de 6,8 milliards d’euros.
Combler aujourd’hui le déficit du régime des retraites impliquerait une hausse de 2,2 % des cotisations ou une baisse des prestations de chômage et de retraites de 5,4 %. Tout le monde comprend bien que cela aurait comme conséquence de faire baisser la consommation, donc le PIB, et ferait s’enfoncer notre pays dans une spirale récessive d’austérité de plus en plus forte et sans fin.
Selon les dernières projections du COR  dans son scénario médian B, le déficit actuel de 0,6 % du PIB deviendrait 1 % en 2020 et 0,9 % en 2040. Ensuite, le COR prévoit à terme une baisse arithmétique du chômage, due à l’inversion de la courbe démographique, qui garantirait les retraites qui suivraient. La difficulté étant donc, d’après l’OFCE, principalement conjoncturelle, il n’y a donc pas de quoi alarmer tous les Landernau de France et de Navarre !

Pourquoi nous contestons les hypothèses du COR

Nous sommes partis des prévisions du COR car celui-ci est formé par les économistes choisis par l’oligarchie et par les gouvernements. Donc ceux qui sont soumis à l’idéologie de l’oligarchie et des médias dominants ne peuvent pas en nous lisant contester ce début de discours. Ouf ! Mais en fait, nous sommes incorrigibles et nous contestons :
  • l’hypothèse de croissance de 1,6  l’an en moyenne de 2011 à 2020, parce qu’elle a toutes les chances d’être nulle, au moins jusqu’en 2014 compris ! Il faudrait qu’elle soit ensuite de 2,4% l’an !
  • l’hypothèse de croissance de 1,6 % jusqu’en 2060 en moyenne. L’économie française retrouve durablement la croissance moyenne de 1,6 % avec une hausse de la productivité du travail de 1,5 % par an ; le PIB de 2040 serait de 1,6 fois celui de 2011 ; celui de 2060, 2,25 fois (!) : les contraintes écologiques sont totalement oubliées ;
  • l’acceptation d’une baisse importante du niveau relatif des retraites : le ratio pension moyenne/salaire moyen baisserait de 15,4 % de 2011 à 2040, puisque les salaires réels progresseraient de 1,5 % par an tandis que les salaires pris en compte et les retraites déjà liquidées, le minimum vieillesse et le minimum contributif seraient fixes en pouvoir d’achat. Sans cette baisse, le déficit en 2040 serait de 3,4 % du PIB. En fait, pour le COR, et pour les néo-libéraux de droite et de gauche, les retraites sont la variable d’ajustement implicite du budget.

La question de l’emploi

Les dépenses de retraite correspondent aujourd’hui à 13,8 % du PIB pour des recettes comptant pour 13,2 % du PIB. À noter que sans la crise, les dépenses actuelles ne représenteraient que 12,8 % du PIB, d’après l’OFCE. Retarder l’âge de la retraite ou augmenter la durée de cotisation en période de crise et d’augmentation du chômage, revient d’une part, on l’a déjà dit, à accroître le chômage, puisque aujourd’hui la majorité des seniors de plus de 55 ans sont déjà chômeurs. Et d’autre part, à reporter sur la précarité et le chômage des jeunes le poids de l’augmentation du taux d’emploi des seniors prévue par le COR, et souhaitée par les néo-libéraux de droite et de gauche.
François Hollande répond à cela par le contrat de génération permettant selon lui une aide pour tout tutorat d’un jeune par un ancien dans l’entreprise. Nous prenons date en disant que cela ne fera que développer un effet d’aubaine pour les employeurs, déjà « fortement choyés », sans que cela procure un retour sur l’emploi. Toutes ces gesticulations ordolibérales de la gauche solférinienne n’auront donc que peu d’impact sur le chômage et la précarité, parce que le « système » ne donne des taux de profit élevés que dans la spéculation financière internationale, pour le plus grand intérêt des « employeurs rentiers » qui dirigent le système avec la technostructure néo-libérale.
Son règne sans partage se transpose d’ailleurs au niveau mondial avec la lutte qui oppose les peuples à l’oligarchie de la gouvernance mondiale, formée du patronat multinational rentier, alliée à la technostructure néo-libérale et appuyée par les armées impérialistes.
Voilà pourquoi dans la politique de temps long, la solution alternative réside dans l’articulation globalisée entre :
- une politique de fort développement industriel dans le cadre d’une transition écologique,
- une politique volontariste de développement de la Recherche développement (R&D) industrielle,
- la promotion d’une armée d’entrepreneurs publics et privés allant de pair avec une politique chère à Keynes : l’euthanasie rapide des rentiers,
- le rétablissement d’une volonté politique centrale pour organiser ce virage alternatif,
- de nouveaux droits pour les salariés citoyens dans la démocratie politique, dans la démocratie sociale et dans la démocratie dans l’entreprise,
- le développement concomitant d’une sphère de constitution des libertés (école, services publics, santé et protection sociale) totalement dégagée des lois du marché capitaliste et organisée selon une démocratie sociale qui aille très au-delà des propositions du programme du Conseil national de la Résistance du 15 mars 1944 (« Les jours heureux »)
C’est la concomitance de ces principes (sans en oublier un seul !) qui peut assurer une transition vers la République sociale afin de développer les intérêts bien compris des couches populaires ouvrières et employées et des couches moyennes intermédiaires (soit 77 % de la population française). Pour les couches moyennes supérieures, cela implique de rompre avec l’oligarchie ordolibérale et l’économie rentière pour devenir des cadres salariés insérés dans les nouveaux processus de démocratie dans l’entreprise et même des entrepreneurs strictement dégagés de l’économie rentière, qui pourraient même se concevoir hors du pouvoir actuel de l’employeur.
Le modèle néo-libéral programme une baisse sans fin des retraites et des salaires. La seule question de stratégie politique est de savoir jusqu’à quand les citoyens salariésvont accepter cette évolution régressive. Que ce modèle soit renversé un jour est une nécessité historique.

Caractérisitiques de la phase néo-libérale actuelle

Aujourd’hui, conséquences de la crise structurelle du capitalisme, elles sont les suivantes :
- spirale sans fin des politiques d’austérité par processus continu de déformation du partage de la valeur ajoutée,
- privatisation des profits et socialisation des pertes,
- harmonisation par le bas de l’ensemble de la sphère de constitution des libertés, avec une hargne renouvelée contre le principe de solidarité du secteur de la santé et de la protection sociale - qui est de loin le principal budget humain public ;
- alliance néo-libérale entre l’oligarchie et les communautarismes et intégrismes ethniques, religieux et sociaux.
La spirale sans fin des politiques d’austérité par processus continu de déformation du partage de la valeur ajoutée se réalise d’abord par une baisse relative des salaires et des prestations sociales (dont les retraites), puis, lorsque ce n’est plus suffisant pour la survie du système (et nous y arrivons), par une baisse absolue des salaires et des prestations sociales.
La désindexation des retraites sur les salaires (remplacée par l’indexation sur l’inflation, moins favorable pour les retraites) engagée par Philippe Seguin, ministre dans le gouvernement Chirac 1986-1988, et entrée dans la loi Chirac-Balladur de 1993, est déjà responsable de plus de 30 % de baisse des retraites aujourd’hui.2
Ainsi va l’Europe ordolibérale, qui tente d’augmenter le taux d’emploi des seniors et de diminuer le montant des retraites : les pays à fort taux d’emploi des seniors ont un faible taux de remplacement, et vice versa.
2013 est donc l’année où le gouvernement solférinien a décidé d’adouber la proposition du Medef de sous-indexer par rapport à l’évolution des prix, les régimes ARRCO et AGIRC, c’est-à-dire les retraites complémentaires pour le privé qui concernent la majorité de la population. On sait déjà que le gouvernement s’apprête, dès la publication du rapport Moreau le 14 juin, de faire de même pour les retraites de base de la Sécurité sociale et pour les fonctionnaires et les régimes spéciaux.
Alors que la déformation du partage de la valeur ajoutée fait perdre plus de 180 milliards d’euros par an aux salaires et aux prestations sociales pour que l’oligarchie puisse spéculer dans la finance internationale, ils osent dire qu’il faut baisser les retraites pour que le système puisse fonctionner. Mais ce système n’est pas le nôtre. Ce système ne défend pas notre intérêt.
Voilà pourquoi nous devons nous préparer à soutenir la mobilisation que le mouvement syndical revendicatif est en train de préparer pour la rentrée.
Voilà pourquoi nous devons nous préparer à développer les initiatives d’éducation populaire en soutien au mouvement syndical et social, par la multiplication des conférences interactives, du ciné-débat, du théâtre-forum, des conférences théâtralisées. Nous avions répondu au mouvement social et politique en 2010 par la fourniture de conférenciers pour plusieurs dizaines d’initiatives. Nous sommes prêts à aujourd’hui à tripler la mise et à diversifier les formes de l’éducation populaire.
Trois millions de manifestants ont suffit pour se débarrasser de Nicolas Sarkozy sans nous permettre de bloquer la réforme des retraites. Eh bien là, il va falloir faire plus et plus fort en convaincant le plus grand nombre de nous rejoindre dans cette lutte centrale.
Unifions nos énergies dans cette bataille dès la rentrée de septembre en s’y préparant dès maintenant. Contactez le REP ou ReSPUBLICA !
  1. C’est le développement du communautarisme social tout aussi néfaste que le communautarisme ethnique et religieux ! Alors, où sont les laïques qui pratiquent la prééminence surplombante et qui veulent combattre certains communautarismes, mais pas tous les communautarismes ? [↩]
  2. Henri Sterdyniak précise http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/notes/2013/note26.pdf : « Dans les régimes complémentaires, depuis 1996, de nombreux accords entre partenaires sociaux ont déconnecté la valeur du point (qui augmente au mieux comme les prix) et le prix d’achat du point (qui augmente parfois comme les salaires, parfois moins). Finalement, le taux de rendement a baissé de 11,95 % en 1996 à 8,25 % en 2012, soit de 31 %. ». [↩]

mardi 28 mai 2013

Retraites : la mauvaise réforme au mauvais moment

LAURENT MAUDUIT*

En voulant aller vite, le gouvernement prend donc le risque de faire l'impasse sur un débat majeur : croit-on vraiment qu'il est possible de rétablir l'équilibre des régimes de retraite dans un contexte de chômage historique?

Manifestation des retraités pour protester contre la baisse de leur pouvoir d'achat et d'éventuelles baisses du montant des pensions - GIRAUD FLORE/SIPA
Manifestation des retraités pour protester contre la baisse de leur pouvoir d'achat et d'éventuelles baisses du montant des pensions - GIRAUD FLORE/SIPA
Est-ce de la désinvolture ? Ou bien de la maladresse ? Voire du cynisme ? En tout cas, le fait est là, stupéfiant : le gouvernement a lancé la prochaine réforme du système des retraites de la plus mauvaise des façons. Comme s'il se moquait éperdument des réactions d'indignation que cela pourrait susciter dans l'opinion et notamment dans les milieux les plus modestes. 

Ce qu'il y a de stupéfiant, c'est d'abord la forme retenue par l'Elysée et Matignon pour promouvoir cette réforme. Nulle véritable concertation ! Nul débat approfondi pour tenter de trouver des pistes nouvelles ou originales - il en existe ! - qui n'aggravent pas encore davantage la politique d'austérité. C'est à la hussarde que les dirigeants socialistes ont visiblement choisi d'agir. 

Après le défilé au pas de course, le 13 mai, de tous les dirigeants syndicaux et patronaux dans le bureau du Premier ministre, puis un nouvel et bref échange, les 20 et 21 juin, à l'occasion de la prochaine conférence sociale - qui aura de nombreux autres dossiers à son ordre du jour -, la consultation, si on peut appeler cela ainsi, sera bouclée. Et, en deux temps, trois mouvements, un projet de loi sera couché sur le papier pour être entériné à l'automne par le Parlement. 

Au diable la démocratie sociale ! C'est donc au pas de charge que tout cela va être mené. A la baguette ! Et s'il en sera ainsi, si les partenaires sociaux n'auront quasiment pas leur mot à dire, c'est que, sur le fond, les dés en sont déjà jetés. François Hollande n'a en effet pas même pris soin de sauver les apparences et de faire croire que toutes les bonnes idées étaient les bienvenues. 

Non, dès le 28 mars, il a signifié par avance, sur France 2, que, pour financer les 20 milliards d'euros de déficit des régimes de retraite attendus en 2020, « il va falloir faire des efforts », et notamment accepter un allongement des durées de cotisation. « Ceux qui auront cotisé longtemps devront partir à temps. Mais la durée de vie s'allonge. La durée de cotisation devra s'allonger aussi », a-t-il prévenu. Plusieurs ministres ont, dans le même temps, suggéré qu'une désindexation des retraites pourrait venir compléter la réforme. 

Ceci explique donc cela : à quoi bon en effet organiser des palabres interminables pour savoir s'il vaut mieux augmenter les durées de cotisation, baisser les prestations, majorer les cotisations ou chercher encore d'autres pistes alternatives, si le chef de l'Etat s'est autorisé à trancher le débat avant même qu'il ne soit officiellement ouvert ? On comprend mieux, dans ces conditions (assez peu démocratiques), que le gouvernement ait préféré ne pas s'embarrasser d'une trop longue concertation. 

Ce choix d'une méthode autoritaire et rapide présente toutefois de graves dangers. A cela, il y a une première raison - qui renouvelle fortement les controverses habituelles autour de la réforme des retraites. De nombreux économistes font valoir que la dérive actuelle des comptes sociaux, et notamment des régimes de retraite, est d'abord le produit de la crise économique historique dans laquelle l'Europe et la France sont plongées et du chômage de masse qu'elle a engendré. 

Dans cette optique, l'urgence, c'est d'abord de trouver les chemins d'une nouvelle politique de croissance, pour relancer l'emploi qui, mécaniquement, permettra aux régimes sociaux de trouver de nouvelles marges financières. Et ce n'est surtout pas, à l'inverse, d'aggraver à cette occasion encore un peu plus une politique d'austérité qui asphyxie l'économie et menace par ricochet les comptes sociaux eux-mêmes. 

En voulant aller vite, le gouvernement prend donc le risque de faire l'impasse sur un débat majeur qui prend de plus en plus d'ampleur : croit-on vraiment qu'il est possible de rétablir l'équilibre des régimes de retraite dans un contexte de chômage historique ? L'urgence, c'est l'emploi, et ce devrait être la seule, car de lui tout dépend, y compris l'avenir de notre modèle social. 

Mais, dans la foulée, le gouvernement clôt aussi d'autres débats qu'il aurait été utile, au contraire, d'ouvrir. Durant de longs mois, avant l'alternance, les dirigeants socialistes avaient ainsi promis que l'une de leurs ambitions serait d'aligner la fiscalité du capital, très avantagée, sur celle du travail, très pénalisée. Un débat calme et serein sur l'avenir des régimes de retraite aurait donc pu permettre de réfléchir à cette question. 

Et de trouver de nouvelles pistes de financement des régimes de retraite qui s'éloignent de la punition sociale que réclame à chaque occasion le Medef, avec à la clé un relèvement progressif des durées de cotisation jusqu'à quarante-trois ou quarante-quatre ans. 

Au passage, dans cette incompréhensible précipitation, le gouvernement fait aussi l'économie d'autres débats, notamment sur les pistes alternatives de financement. Un seul exemple : pourquoi les socialistes ont-ils depuis longtemps renoncé à trouver des idées pour abonder le fonds de réserve des retraites ? L'idée était judicieuse et a été laissée en jachère depuis plus d'une décennie. 

Et puis, il y a le dernier risque, le plus grave. Le risque de la colère sociale. En allant vite, François Hollande veut le conjurer. Mais il n'ignore pas qu'il peut, tout à l'inverse, l'attiser. 

* laurent.mauduit@mediapart.fr 

mardi 30 octobre 2012

La nouvelle taxe sur les pensions sème la discorde parmi les retraités

(Source: Capital.fr)
Si le projet de loi de finances de la Sécurité sociale est adopté en l'état par le Sénat, les retraités assujettis à la CSG au taux de 6,6% devront s'acquitter d'une contribution additionnelle de 0,30% mensuel sur leur pension de retraite, à partir de 1er avril 2013. Cet arbitrage vous paraît-il satisfaisant ?
Marc Bader : C'est une mesure totalement injuste. Pourquoi sur 16 millions de retraités, seuls 7,5 millions doivent payer ? Parmi les retraités imposables, ceux qui payent un taux réduit de CSG (3,8%) y échapperont (ndlr, ils sont 2,5 millions). Le problème est que nous arrivons à une aberration : après avoir cotisé toute notre carrière, nous allons encore cotiser pour financer nos propres retraites. Et nous serons tout autant impactés par les hausses d'impôts générales comme la redevance télé qui passe à 129 euros, le durcissement de la fiscalité pour les emplois à domicile, la fin de la majoration pour les retraités ayant 3 enfants... A force, c'est notre pouvoir d'achat qui est clairement menacé. Or, il faut savoir que le montant moyen des retraites tous régimes confondus ne s'élève qu'à un peu plus de 1.200 euros par mois. Et c'est sans compter une probable augmentation de la CSG de 6,6% à 7,5%.
Capital.fr : Les retraités ne sont cependant pas les seuls à être mis à contribution pour réduire le déficit...
Marc Bader : Nous avons bien conscience que les retraités doivent participer à l'effort de réduction du déficit. Mais nous exigeons que ces prélèvements soient clairement affectés au financement de la dépendance. Plutôt que de verser les 700 millions d'euros collectés chaque année grâce à cette contribution additionnelle au Fonds de Solidarité Vieillesse pour combler les déficits des caisses de retraite, nous préfèrerions qu'ils soient totalement alloués à la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) afin de financer la dépendance.
Capital.fr : Les partenaires sociaux doivent entamer des négociations, à partir du 22 novembre, pour faire face à la dégradation des comptes plus rapide que prévu des régimes complémentaires. Quelle est la position de la CFE-CGC ?
Marc Bader : Ces négociations s'annoncent houleuses, en particulier si elles s'appuient sur les mesures d'économie que viennent de nous transmettre l'Arrco et de l'Agirc. Dans ce document, les complémentaires envisagent de bloquer la revalorisation des pensions prévue au 1er avril. Elles proposent aussi d'augmenter la valeur du point de 3,5% sur 5 ans. Racheter des points coûtera donc plus cher aux futurs retraités. Autre chapitre qui risque d'affaiblir le revenu des veufs et veuves : le calcul de la pension de réversion devrait passer de 60% à 54% du revenu du conjoint décédé pour s'aligner sur le régime de base. Mais la proposition qui devrait semer la discorde est celle qui concerne les périodes de chômage. Celles-ci pourraient, en effet, n'être prises en compte dans le calcul du nombre de points, qu'une fois les cotisations dûment payées. Or, l'Unedic est très en retard sur ses paiements. Enfin, nous devrions acter la mensualisation des cotisations en 2014, afin de faciliter la gestion de la trésorerie des caisses complémentaires.
Propos recueillis par Sandrine Chauvin

jeudi 15 décembre 2011

Hollande recule sur la retraite à 60 ans

Sur RTL, François Hollande a précisé la réforme des retraites qu'il entend mettre en œuvre s'il était élu président de la République. Ceux qui ont commencé à «travailler à 18 ans» et qui cumulent «41 ou 42 années de cotisations» pourront partir en retraite à 60 ans... C'est tout. Où est passé la promesse socialiste de revenir sur la réforme Fillon de report à 62 ans de l'âge de départ ? Envoilée. François Hollande recule même sur la pénibilité. Alors que l'accord EELV-PS stipule que le droit de partir à 60 ans sera rétabli pour ceux ayant commencé à travailler tôt et ayant exercé des métiers pénibles, le candidat socialiste a confirmé qu'un départ anticipé à 60 ans ne serait pas automatique mais que les conditions seraient renvoyées à une négociation entre partenaires sociaux. Laurence Parisot en sourit d'avance.

jeudi 24 novembre 2011

Age du taux plein, rachat de trimestres, surcote, retraites complémentaires… la décision de François Fillon d‘accélérer la mise en oeuvre de la réforme des retraites ans est lourde de conséquences.



Le gouvernement a donné un coup d'accélérateur à la réforme des retraites de 2010. Le passage de l'âge légal à 62 ans est désormais prévu pour 2017 et non plus 2018. Conséquence : les Français nés entre 1952 et 1956 vont devoir travailler quelques mois de plus avant de pouvoir faire liquider leur retraite : 1 mois supplémentaire pour la génération née en 1952 ; 2 mois supplémentaires pour ceux nés en 1953 ; 3 mois de plus pour ceux nés en 1954 et 4 mois pour ceux nés en 1955 ! Mais cette mesure aura bien d'autres incidences.
Age du taux plein : parallèlement au recul de l'âge minimum de la retraite, la réforme de 2010 prévoit que l'âge pour obtenir le taux plein passerait progressivement de 65 ans à 67 ans, selon le même calendrier que celui prévu pour le relèvement de l'âge minimum de la retraite. Il y a donc fort à parier que cet âge de 67 ans sera atteint en 2022 au lieu de 2023. Selon toute vraisemblance, l'âge du taux plein devrait ainsi passer à 65 ans et 9 mois pour les assurés nés en 1952, à 66 ans et 2 mois pour ceux nés en 1953, 66 ans et 7 mois pour ceux nés en 1954 et 67 ans pour ceux nés en 1955 et après.
Rachat de trimestres : les assurés nés entre 1952 et 1955 qui ont d'ores et déjà racheté des trimestres pour pouvoir partir en retraite dès l'âge d'ouverture de leur droit à retraite vont finalement se retrouver avec un, voire deux trimestres rachetés pour rien puisqu'ils vont cotiser plus longtemps que prévu. A moins que le gouvernement ne leur donne la possibilité - comme il l'a fait lors de la réforme de 2010 – d'en demander le remboursement.
Surcote, Cumul emploi-retraite, retraite progressive… Tous les dispositifs dont les conditions d'application sont calées sur l'âge de la retraite seront touchés par la montée en charge plus rapide de la réforme. Par exemple, ce n'est qu'à partir de 62 ans – au lieu de 61 ans et 8 mois - que la génération née en 1955 pourra opter pour la retraite progressive. Même chose pour ceux qui souhaitaient prolonger légèrement leur activité pour pouvoir profiter de la surcote : ils vont travailler entre 1 et 4 mois de plus, sans pour autant améliorer le montant de leur future pension de retraite.
Retraite anticipée : le gouvernement a annoncé que la possibilité de partir avant l'âge de la retraite (carrières longues, assurés handicapés) ou à 60 ans dans le cadre du nouveau dispositif en faveur de la pénibilité ne serait pas concernée par cette mesure.
Retraites complémentaires : la mesure annoncée par le gouvernement ne concerne pas les régimes Arrco et Agirc qui sont gérés par les partenaires sociaux. Or pour que la mesure soit efficace et puisse entrer en vigueur dès le 1er janvier prochain, il faut non seulement que le texte présenté par le gouvernement soit adopté en l'état par les parlementaires, mais surtout que les partenaires sociaux décident « rapidement » d'aligner les retraites complémentaires sur ces nouvelles règles. A moins que l'accord Agirc-Arcco ne se calque automatiquement sur les nouvelles bornes d'âges fixées par le gouvernement Fillon.
Nathalie Cheysson-Kaplan