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samedi 7 septembre 2013

Mourir de ne pas enseigner

Mourir de ne pas enseigner
Document Marianne
Eric Conan | Samedi 7 Septembre 2013

Voilà pourquoi il faut lire la dernière lettre de Pierre Jacque, enseignant de 55 ans au lycée Artaud de Marseille, qui vient de se suicider.

Salle de classe du lycée professionnel Marcel Deprez, illustration - DURAND FLORENCE/SIPA
Salle de classe du lycée professionnel Marcel Deprez, illustration - DURAND FLORENCE/SIPA
Cette semaine de rentrée des classes a été marquée par le suicide d’un enseignant de 55 ans, mais, curieusement, la presse, qui est toujours à la recherche de sujets et d’angles pour traiter de cette actualité scolaire aussi prévisible que répétitive s’est peu penchée sur ce geste tragique. 

On se dit que c’est peut être un sage réflexe, car on le sait, on le répète, un « suicide-reste-toujours-un-mystère-humain-aux-facteurs-multiples-difficile-à-interpréter ». En l’occurrence ce n’est pas le cas, puisque certains médias nous ont précisé de façon macabre que l’intéressé avait évoqué l’idée de s’immoler devant son établissement ou indiqué qu’il avait laissé une lettre expliquant qu’il ne supportait plus les conditions de son métier, mais sans nous en dire beaucoup plus.   

C’est bien dommage. Car Pierre Jacque (c’est le nom de ce professeur de technologie et d’électronique en STI2G au Lycée Artaud de Marseille) a clairement décidé de son dernier acte et laissé un texte mûrement réfléchi qui constitue un véritable document sur le calvaire de professeurs motivés et conscients de l’état de délabrement de l’institution éducative. 

La lecture intégrale de ce long texte kafkaïen vaut beaucoup d’enquêtes et de reportages sur le quotidien des enseignants. En effet, tout y est  du naufrage d’une institution : réformes absurdes, improvisées, contradictoires et inapplicables ; ravages de l’idéologie des pédagogistes fous, qui ne sévissent pas qu’en Français ou en Maths mais en Electronique également ; niveau de plus en plus faible d’élèves de moins en moins maitrisables ; conditions de travail concrètes (salles, matériels) impossibles ; programmes technologiques inadaptés au monde économique et à la fameuse « compétitivité », cynisme de la hiérarchie et des inspections qui savent tout mais font tout pour ne pas voir et ne pas faire savoir ; trucages des examens pour cacher le désastre ; etc…  

Dans son bilan, Pierre Jacque n’épargne pas les syndicats dont il dénonce l’inutilité et les complicités et il faut donc rendre hommage à la section du SNES-Aix-Marseille qui a quand même décidé de mettre en ligne sur son site cette lettre adressée à tous ses collègues enseignants.  

Pierre Jacque ayant fait l’effort de réfléchir à cette lettre et à la rédiger pour « tous ceux que(son) témoignage intéressera », avec peut-être avec un dernier espoir d’être encore un peu utile, la moindre des choses est de la faire lire au maximum.

  A ma famille, à mes proches et à tous ceux que mon témoignage intéressera.  
  
Objet : Evolution du métier d'enseignant.  
  
    Je vous fais part de ma décision de ne pas faire la rentrée scolaire 2013. En effet le métier tel qu'il est devenu au moins dans ma spécialité ne m'est plus acceptable en conscience. Pour éclairer ma décision je vous décris succinctement mon parcours personnel. Je suis devenu ingénieur en électronique en 1982 à l'âge de 24 ans. Ma formation initiale et surtout mon parcours professionnel m'ont amené à exercer dans la double compétence "hard" et "soft". Le métier prenant et difficile m'a toujours convenu tant que j'avais le sentiment de faire œuvre utile et d'être légitime dans mon travail. Passé la quarantaine la sollicitation de plus en plus pressente d'évoluer vers des tâches d'encadrement et le sort réservé à mes ainés dans mon entreprise m'ont incité à changer d'activité. En 1999 j'ai passé le concours du Capet externe de Génie électrique et j'ai enseigné en section SSI et STI électronique. Le choc pour moi fut brutal de constater la baisse de niveau des sections techniques en 18 ans passé dans l'industrie notamment pour la spécialité agent technique (niveau BTS ou DUT suivant les cas). Même si le niveau enseigné était bien bas de mon point de vue, ma compétence était au service des élèves et je me sentais à ma place. Une difficulté était quand même le référentiel applicable (le programme) datant des années 80, ambitieux pour l'époque et en total décalage avec le niveau réel des élèves des années 2000. Une réforme semblait souhaitable pour officialiser des objectifs réalistes et orientés en fonction des besoins du marché du travail.   

    Puis vint la réforme de 2010 mise en place par Luc Chatel et applicable à la rentrée 2011. Pour le coup, le terme réforme est faible pour décrire tous les changements mis en place dans une précipitation totale. L'enseignement des métiers est réduit à peu de choses dans le référentiel de 4 spécialités seulement qui constitue des "teintures" sur un tronc commun généraliste d'une section unique appelée STI2D qui rentre bizarrement en concurrence avec la section SSI. L'électronique disparait purement et simplement. En lieu et place il apparait la spécialité "Systèmes Informatiques et Numériques" (SIN). Cela ne me pose pas de problème personnel, je maitrise bien le domaine et je l'enseigne même plus volontiers que les classiques problèmes de courant de diode ou de montages amplificateurs.   

      Je me pose quand même la question de la compétitivité de notre pays dans le domaine industriel avec un pareil abandon de compétence. La mise en place de la réforme est faite à la hussarde dans un état d'affolement que l'inspection a du mal à dissimuler. Entre temps le gouvernement a changé sans que les objectifs soient infléchis le moins du monde ou qu'un moratoire soit décidé, ne serait-ce qu'à cause du coût astronomique de cette réforme. En effet il aura fallu réorganiser l'implantation de tous les ateliers de tous les lycées techniques de France, abattre des cloisons, en remonter d'autres à coté, refaire tous les faux plafonds, les peintures et renouveler les mobiliers. Ceci est fait à l'échelle du pays sans que la réforme ait été testée préalablement dans une académie pilote.  

    Début 2011, l'inspection nous convoque en séminaire pour nous expliquer le sens et les modalités de la réforme ; il apparait la volonté de supprimer toute activité de type cours ce qui est la radicalisation d'une tendance déjà bien marquée. On nous assène en insistant bien que l'élève est acteur de son propre savoir, qu'il en est le moteur. Pour les spécialités, donc la mienne SIN entre autre, cela signifie qu'une partie conséquente de l'activité sera de type projet. A l'époque les chiffres restent vagues, il est question de 50% du temps au moins. La nature des projets, la façon de les conduire, la façon de les évaluer ne sont pas évoquées et les questions que posent les enseignants à ce sujet restent sans réponses, nous serons mis au courant après la rentrée de septembre.   

    En attendant l'inspection nous fait entièrement confiance pour continuer comme d'habitude. Je fais remarquer qu'il ne faudra pas tarder car nous préparons les élèves au bac en deux ans et que la connaissance des modalités d'examens est incontournable rapidement après la rentrée pour un travail efficace, c'est-à-dire sans perte de temps. Lors de la réunion suivante, après la rentrée 2011, l'inspecteur répond un peu agacé à la même question « que notre travail c'est d'enseigner et que l'évaluation verra après »(sic). En attendant le travail devant élève est commencé et moi et mes collègues travaillons à l'estime. Le manque de matériel se fait cruellement sentir dans mon lycée, les travaux nécessaires ne seront faits qu'à l'été 2012. Lors d'une réunion aux alentours de février il nous est demandé pour la prochaine réunion d'exposer l'état d'avancement de la réforme et si possible les projets envisagés ou mieux déjà mis en œuvre.   

   A ce moment je viens juste de recevoir un premier lot de matériel et je ne dispose du logiciel correspondant que depuis novembre. La pression amicale mais réelle pour commencer les projets va aller augmentant. J'ai un groupe de 16 élèves et un autre de 15 dans une salle qui est déjà trop étroite pour recevoir proprement 14 élèves en travaux pratiques et avec un matériel réduit qui ne me permet qu'un choix très restreint de sujets. La phase passée en projet sera cauchemardesque pour l'enseignant et la fraction d'élèves sérieux. Le dernier mois de cette année de première sera passé en activités plus classiques. A la rentrée 2012 les élèves sont maintenant en terminale, j'ai les tables de travail prévues dans une salle provisoire de 80 m2 au lieu des 140 m2 prévus. Il est difficile de bouger, le travail en travaux pratiques reste possible et je couvre ainsi la partie communication réseau de référentiel au moyen d'un logiciel de simulation. Je ne dispose pas du matériel support. On me bricole une salle de 150 m2 à partir de deux salles de cours séparées par un couloir et j'attaque les projets dans ces conditions. Le couloir sera abattu aux vacances de février.  

     Pendant ce temps nous avons appris que la note du bac porterait uniquement sur le projet final est que la note serait constituée de deux parties égales, une attribuée par un jury en fin d'année suite à une soutenance orale avec support informatique, l'autre attribuée par l'enseignant de l'année au vu du travail fourni par les élèves. Les critères d'évaluation portent principalement sur la gestion de projet et la démarche de développement durable. Il est explicitement exclu de juger les élèves sur les performances et la réussite du projet. Ceci appelle deux remarques. La première est que les critères sont inadaptés, les élèves sont incapables de concevoir et même de gérer un projet par eux-mêmes. De plus la démarche de développement durable est une plaisanterie en spécialité SIN où l'obsolescence programmée est la règle. 

Comment note-t-on alors les élèves ? A l'estime, en fonction de critères autres, l'inspection le sait mais ne veut surtout pas que la chose soit dite. Du coup cette note relève "du grand n'importe quoi" et ne respecte aucune règle d'équité. Elle est attribuée par un enseignant seul qui connait ses élèves depuis au moins un an et compte coefficient 6 ce qui écrase les autres matières. Cela viole l'esprit du baccalauréat dans les grandes largeurs. Je considère que ceci est une infamie et je me refuse à recommencer. L'ensemble du corps inspectoral est criminel ou lâche ou les deux d'avoir laissé faire une chose pareille. Cette mécanique est conçue dans une idée de concurrence entre les enseignants mais aussi entre les établissements pour créer une dynamique de très bonnes notes à l'examen y compris et surtout si elles n'ont aucun sens. Vous avez l'explication des excellents résultats du millésime 2013 du baccalauréat au moins pour la filière technologique. Cela fait plus d'un an que je me plains à mon syndicat de cet état de fait. Pas un seul compte-rendu ni localement sur Marseille ni à un plus haut niveau n'en fait mention. Je suis tout seul à avoir des problèmes de conscience. Ou alors le syndicat est activement complice de l'état de fait, le responsable local me dis : « Mais non Pierre tu n'es pas tout seul ». En attendant je ne vois aucune réaction et ce chez aucun syndicat. 
  

    Que penser ? Soit nous sommes muselés, soit je suis le dernier idiot dans son coin. De toute façon je n'accepte pas cette situation. Je pense au niveau toujours plus problématique des élèves, autrefois on savait parler et écrire un français très convenable après 5 ans d'étude primaire. Aujourd'hui les élèves bacheliers maitrisent mal la langue ne savent plus estimer des chiffres après 12 ans d'études. Cherchez l'erreur. La réponse de l'institution est : « Oui mais les élèves savent faire d'autres choses ». Je suis bien placé dans ma spécialité pour savoir que cela n'est pas vrai ! Les élèves ne maitrisent rien ou presque des techniques numériques d'aujourd'hui. Tout ce qu'ils savent faire est jouer et surfer sur internet. Cela ne fait pas une compétence professionnelle.   

   Les médias nous rabattent les oreilles sur la perte de compétitivité du pays en laissant entendre que le coût du travail est trop élevé. Cette présentation pèche par une omission grave. La réalité est que le travail en France est trop cher pour ce que les travailleurs sont capables de faire véritablement. Et là la responsabilité de l'Education nationale est écrasante. Qui osera le dire ? J'essaye mais je me sens bien petit. J'essaye de créer un maximum d'émoi sur la question.   

   J'aurais pu m'immoler par le feu au milieu de la cour le jour de la rentrée des élèves, cela aurait eu plus d'allure mais je ne suis pas assez vertueux pour cela. Quand vous lirez ce texte je serai déjà mort.  
  
Pierre Jacque   
Enseignant du lycée Antonin Artaud à Marseille

jeudi 27 septembre 2012

Peugeot-Sochaux : un centenaire à l'économie


                                                              Emission "Interception" à écouter


Du 29 septembre au 14 octobre se tient à Paris le mondial de l’automobile.
Le moins que l’on puisse dire est que ce ne sera pas l’édition la plus flamboyante.

La construction automobile est l’un des secteurs industriels les plus durement touchés par la crise économique. Parmi les présents, Peugeot, dont le site historique, celui de Sochaux-Montbéliard, célèbre en ce moment, et sans faste son 100ème anniversaire. 20 millions de véhicules sont sortis de ses ateliers depuis 1912.
Mais comment faire la fête, quand le groupe PSA confirme la fermeture de son usine d’Aulnay en 2014, ainsi qu’un plan social de 8000 suppressions d’emplois ?
Pour cause de chute de son cours, PSA vient même de sortir du CAC 40, la liste des 40 plus grandes entreprises françaises.
A Sochaux, berceau de la marque au lion, quand Peugeot se porte mal, c’est toute une région qui monte en température. Près de 600 emplois y sont condamnés. Déjà 350 postes d’intérimaires ont disparu cet été et le chômage partiel ponctue désormais régulièrement l’emploi du temps.
Peugeot a forgé l’histoire et la sociologie de ce coin de Franche-Comté. Sur ses 265 hectares, près de 12 000 salariés sortaient jusqu’à tout récemment encore 1 800 véhicules par jour. Plus seulement des Peugeot d’ailleurs, puisque Sochaux fabrique depuis peu le fleuron de Citroën : la DS5. Ce n’est pas la première fois que le lion traverse une crise. Celle-ci s’annonce grave et durable.
Et la plupart des salariés du site historique pensent toujours qu’ils surmonteront celle-ci, comme ils ont surmonté les autres.


Chaîne Peugeot © PSA - 2012
Peugeot-Sochaux : un centenaire à l'économie
Un reportage deChristophe Beck
Prise de son Yann Fressy







En vidéo
Sochaux, cadences en chaîne
Documentaire de Laurence Jourdan consacré à la mutation des méthodes de production automobile à travers l'exemple d'une des entreprises française les plus emblématiques : Peugeot à Sochaux.

Sochaux, cadences en chaîne © INA - 2012











samedi 28 juillet 2012

Astuces...


Servez vous d'une pelle à poussière propre pour remplir d'eau un contenant qui n'entre pas dans l'évier

 

Mettre un élastique autour d'un récipient de peinture afin d'enlever le surplus sur votre pinceau et ainsi éviter de souiller le contour du récipient.



 Servez vous d'un dégrafeur au lieu de vos ongles lorsque vous voulez ajouter une clé à votre trousseau.


Mettre une cuillère en bois sur votre chaudron afin d'empêcher l'eau bouillante de déborder.

 


Votre paille ne sortira plus de la cannette

 


 Vous servir d'un linge microfibre pour prévenir le gel sur votre pare-brise.

 


Servez vous d'un peigne afin que le clou soit stable.

 


Servez vous d'un "post it" pour ramasser les débris lorsque vous percez un trou.

 










          

mercredi 6 juin 2012

Mal de dos les méthodes qui marchent

Si vous désirez que je vous envoie le texte original, écrivez-moi dans le lien "votre remarques m'intéressent" en haut à gauche
 

mardi 22 mai 2012

Mieux négocier : utiliser l’écoute active pour arriver à ses fins

Lorsqu'on veut faire passer un message, il faut d'abord comprendre ce que nous dit réellement notre interlocuteur. Une attitude qui exige un certain savoir-faire.

Entendre ne nécessite aucun effort d'attention particulier : c'est simplement le sens de l'audition qui fonctionne. «Ecouter, en revanche, est un acte volontaire. Vous décidez de vous concentrer pour mieux connaître votre interlocuteur et vous assurer que vous comprenez bien le message qu'il vous transmet», explique Patrick David, consultant et auteur de «La Négociation commerciale en pratique» (Editions d'Organisation). Cette attitude, appelée écoute «active», s'applique évidemment quel que soit l'objectif à atteindre : vendre un produit, désamorcer un conflit au sein d'une équipe, obtenir le soutien d'un patron pour un projet…
Lors d'un entretien de recrutement, par exemple, cet état d'esprit permet de mieux cerner la personnalité d'un candidat ou, à l'inverse, de bien comprendre les attentes d'un employeur. Autre cas de figure, dans le cadre de la négociation commerciale, il est essentiel d'être sur la même longueur d'ondes qu'un client pour identifier clairement ses besoins. Une étape indispensable si l'on veut lui proposer la solution qui lui convient… et donc réussir à faire affaire avec lui. Plusieurs techniques de communication améliorent notre capacité d'écoute et facilitent le dialogue.
Reformulez habilement pour éviter les interprétations abusives
«Certaines personnes pensent que l'écoute active signifie se mettre à la place de l'autre et être forcément d'accord avec lui», commente Patrick David. Il n'en est rien : il s'agit en réalité de comprendre les arguments avancés par l'interlocuteur et de montrer qu'on a bien compris ce qu'il a voulu dire. L'une des grandes techniques permettant d'obtenir ce résultat consiste à reformuler, c'est-à-dire à exprimer avec vos propres mots ce que vous avez perçu du message. D'ailleurs, il est nécessaire de commencer le dialogue par des expressions du type : «Si je vous suis bien, vous voulez dire que…», «Si je vous résume…», «Si je vous ai bien compris…»
La reformulation permet donc de clarifier l'échange et d'éviter les erreurs d'interprétation. Imaginons que, lors de la présentation d'une nouvelle offre de service, un client vous dise avoir bien pris connaissance de votre proposition mais qu'il ne sera susceptible de l'accepter que si vous l'«optimisez». Que devez-vous comprendre ? Qu'il faut ajouter des services ou au contraire réduire le prix ? Il est dans ce cas nécessaire de demander des précisions afin de savoir exactement ce que votre interlocuteur souhaite.
«Une reformulation réussie exclut tout conseil, tout jugement et toute inférence de votre part, c'est-à-dire que vous ne devez rien déduire, a priori, de ce que la personne est en train de vous dire», avertit Emilie Devienne, coach et auteur de «Savoir écouter» (Eyrolles). Lors de l'entretien annuel d'évaluation, si un collaborateur vous confie : «La prochaine restructuration des services m'inquiète», ne reformulez pas en disant : «Ah bon ? Qu'est-ce qui te fait peur ?» D'une part, le «Ah bon ?» marque un étonnement qui peut être perçu comme une critique. D'autre part, le mot «peur» est d'une intensité supérieure à l'inquiétude exprimée à l'origine. Vous pouvez en revanche répondre : «Si je te comprends bien, tu éprouves une certaine appréhension due à cette restructuration ?» L'échange pourra alors se poursuivre, enrichi d'autres explications qui vous permettront de comprendre ce qui soucie effectivement la personne…
Observez l'attitude corporelle afin d'affiner votre compréhension
La communication verbale n'est pas le seul moyen de comprendre ce que dit quelqu'un : il est également indispensable de tenir compte du langage non verbal. «Les postures, les mimiques, les regards… constituent autant d'indicateurs sur ce que pense et ressent véritablement votre interlocuteur, explique Louis Bernard, fondateur du cabinet Layer Cake. Le langage corporel exprime tout ce qui est non dit : quelqu'un peut affirmer quelque chose et son corps dire le contraire.» Il est donc nécessaire d'apprendre à décoder les attitudes de vos interlocuteurs. Pour vous entraîner, Didier Kahn, créateur du cabinet de conseil en management DK Consulting, recommande cet exercice : «Lors d'un débat télévisé, supprimez le son pour vous concentrer sur les postures, la gestuelle, le visage des personnes qui dialoguent, et essayez de deviner la teneur des échanges et les avis de chacun.»
Soyez aussi attentif à ce que vous-même exprimez avec votre corps. «En général, les bras croisés, le visage fermé ou impassible, le regard distrait, traduisent un manque de réceptivité, précise Didier Kahn. Privilégiez les hochements de tête, les murmures d'assentiment : ils assurent de votre écoute et de votre compréhension.» Enfin, la prise de notes, à condition de ne pas rester le nez plongé dans son bloc, constitue un moyen de montrer que vous prenez en considération ce que l'on vous dit. Autre avantage : elle permet de rester concentré pendant toute la durée de l'échange. «L'écoute active suppose une attention constante, insiste Louis Bernard. Ce qui implique d'oublier ses soucis, de ne pas penser à la réunion à laquelle on doit assister après, ni d'anticiper la réponse alors que l'autre parle.»
Sachez utiliser les temps de silence pour renforcer votre propos
Dans un échange, les non-dits se révèlent souvent aussi importants que ce qui est exprimé verbalement, d'où l'attention à accorder aux silences. «En communication, ces temps morts sont peu appréciés parce qu'ils peuvent trahir une gêne et entraîner un moment d'inconfort», constate Patrick David. Or, si vous l'utilisez à bon escient, le silence peut devenir un atout dans votre stratégie de communication. Il s'agit de marquer une pause, de laisser dire plutôt que dire. Un temps de silence qui fait suite à un argument majeur renforce l'impact de ce dernier. Laisser s'écouler une fraction de seconde avant de poursuivre son discours crée aussi un effet de suspense et attire l'attention. Les commerciaux usent souvent de cette technique lorsqu'ils sont sur le point d'annoncer un rabais supplémentaire : ils soulignent ainsi leur effort et créent l'attente chez l'acheteur. Il peut aussi arriver que le silence vous desserve quand vous restez sans voix face à une remarque déstabilisante. L'astuce consiste à gagner du temps en répliquant : «J'entends votre observation, mais pouvez-vous m'en dire plus ?»
Posez les questions qui permettent de faire avancer l'échange
L'écoute active passe par un questionnement pertinent. «Le type de questions va dépendre de votre intention : encourager l'autre à développer son propos, obtenir une précision, relancer le débat…», précise Emilie Devienne. Pour faciliter le dialogue, privilégiez les questions ouvertes : «Pouvez-vous m'en dire plus… ? «Quel objectif souhaitez-vous atteindre avec ce projet ?» Vous invitez ainsi votre interlocuteur à développer ses arguments. «Attention, toutefois, à ne pas refermer trop rapidement la question ou à induire la réponse», prévient Patrick David. C'est par exemple le cas si vous demandez à un client : «Comment procédez-vous pour vos achats et votre approvisionnement ? Effectuez-vous des appels d'offres ?» Vous empêchez alors votre interlocuteur de développer ses propres idées.
Les questions fermées, quant à elles, attendent un simple «oui» ou «non». Vous pouvez notamment y recourir pour contenir le flux de paroles d'une personne loquace. Dans un débat, les questions dites «miroir», qui reprennent le dernier mot d'un participant suivi d'un «Est-ce aussi votre avis ?», relancent l'échange d'idées et permettent de rebondir sur un propos. «Enfin, les questions orientées comme "Ne pensez-vous pas que le chantier est déjà sur la bonne voie ?" influencent la réponse de l'interlocuteur», explique la coach Emilie Devienne. Un bon moyen de conclure en obtenant l'adhésion.
Céline Deval

jeudi 29 mars 2012

Remèdes & astuces...


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lundi 12 mars 2012

Parsifal

Parsifal, par l’Orchestre National de France, le Choeur & la Maîtrise de Radio France (05:30:06)