mercredi 29 juin 2011

Lutter contre le néo-libéralisme, les dettes illégitimes



Les Dettes illégitimes  
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L'économiste français, François Chesnais, traite dans son ouvrage, les Dettes illégitimes1 : quand les banques font main basse sur les politiques publiques, du thème des dettes publiques des pays européens de la zone euro, et de la nécessité de leur annulation. Et pour cause ! Ces dettes ont souvent été contractées à des fins ou dans des conditions fort douteuses. Elles ont pour cette raison acquis les surnoms peu glorieux de « dettes odieuses » ou de « dettes illégitimes ». Les pays du Sud sont eux aussi confrontés, depuis les années 1980 et 1990, à ce type de dettes.
Conséquences du remboursement de la dette
Ces dettes constituent un transfèrement à grande échelle vers les marchés financiers, d'une part importante des richesses produites par les nations et les peuples, au détriment de la satisfaction de leurs besoins économiques et sociaux.
Pour un pays comme France, qui n'est pourtant pas le plus endetté de la zone euro, le premier poste budgétaire de l'État est représenté par le paiement annuel des intérêts de la seule dette publique ou souveraine, et le remboursement d'une fraction du capital de cette dernière.
Tous les pays de la zone euro ont vu également leurs dettes publiques et privées s'aggraver du fait des crises économique et financière, entraînant la fermeture d'entreprises, et donc de nouvelles baisses des recettes fiscales.
Pour pouvoir rembourser ces dettes, les soutiers des marchés financiers à la tête des États européens et de l'Union européenne n'hésitent pas à saigner leurs peuples. Ils accentuent pour cela leurs agissements politico-maffieux entamés, depuis le début des années 1980, de libéralisation et de dérèglementation des économies et des finances aussi bien de leurs pays que du reste de la planète : privatisation des entreprises publiques et « rigueur » budgétaire se soldant par des licenciements massifs, l'accès de plus en plus difficile à l'enseignement, à la santé… les baisses des salaires et du pouvoir d'achat, l'affaiblissement de la protection sociale, les attaques contre les retraites, etc.
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11) François Chesnais : Les Dettes illégitimes, quand les banques font main basse sur les politiques publiques, éditions Raisons d’agir, Paris, 2011

Grève générale contre le plan d’austérité - Grèce

Vidéo de France2 ici

Manif à Athènes devant le Parlement
grenades lacrymogènes tirés par la police à Athènes devant le parlement mercredi pour dégager des manifestants
alors que les députés s'apprêtaient à voter un plan d'austérité contesté dans la rue grecque et attendu dans toute l'Europe

mardi 28 juin 2011

LES LOURDS DOSSIERS DU LIGHT

LES LOURDS DOSSIERS DU LIGHT - Documentaires - France5

Le light est devenu un poids lourd de l'agro-alimentaire en France. Le chiffre d'affaire des produits allégés se compte maintenant en dizaines de milliards d'euros. 

Pour certains produits, il ne reste plus que du light. 97% des chewing-gums vendus en France sont "sans sucre". Un Français sur quatre consomme ces produits allégés dont le succès ne se dément pas. 

L'allégé envahit tous les rayons des supermarchés : la confiserie, mais aussi la charcuterie, les chips, jusqu'au champagne. Ces produits font néanmoins monter la facture. 

Mais, sans sucre, sans gras, que contiennent vraiment les produits light ? La surprise est souvent de taille. 

Le yaourt 0% retrouve de la texture grâce à l'ajout de gélatine de porc, un véritable problème pour certains consommateurs. 

Les producteurs de lait light ont remplacé, eux, le gras du lait par les huiles végétales, un peu moins grasses, mais bien moins digestes. L'AFSSA a bien émis deux recommandations négatives, mais cette boisson parée des meilleures intentions, est toujours en vente... 

Lancement du livre "Comprendre les femmes" - Tome 1

                                   Prix « Fémina ou Renaudot ??? »


Lancement du livre "Comprendre les femmes" - Tome 1

 

dimanche 26 juin 2011

Non à la délocalisation du Thé Eléphant


Thé Eléphant : une grande marque française prise dans l'empire Unilever

La marque Thé Eléphant, un des fleurons actuels du groupe britannique Unilever, est le résultat de plus d'un siècle de développement industriel et de travail dans la région marseillaise. Grâce à Thé Eléphant et à son autre marque Lipton, Unilever contrôle 65 % du marché mondial du thé.
Créé à Marseille en 1892 de manière d'abord artisanale, Thé Eléphant industrialise rapidement sa production et ouvre en 1927 sa grande usine historique à Marseille, avenue Camille Flammarion dans le 4ème arrondissement. Cette usine emploiera jusqu'à 400 personnes dans les années 1960.
Afin de poursuivre son développement, Thé Eléphant s'ouvre à des investisseurs, avec la prise de contrôle par le groupe Ricard en 1969.
En 1972, Thé Eléphant est racheté par le groupe anglo-saxon Unilever. Celui-ci crée une filiale, Fralib, dédiée à la production de thé qui comptera jusqu'à 3 sites de production en France : Poitiers, le Havre et Gémenos.
Afin de moderniser et développer la production, Unilever transfère en 1989 la production de Marseille (fermeture de la vieille usine) à la zone de Gémenos. Ce transfert s'effectue avec d'importantes aides publiques locales, dans le cadre de la reconversion des chantiers navals de la Ciotat qui étaient implantés à Gémenos. L'usine de Gémenos produira ainsi jusqu'à 2 milliards de sachets de thé par an.
Unilever : l'empire des produits de grande distribution
Unilever est le 3ème groupe mondial de produits de consommation courante. 150 millions de personnes consomment chaque jour des produits Unilever.
La firme possède un immense portefeuille de marques : glaces (carte d'Or, Miko, Magnum, Ben and Jerrys), lessives (skip, omo, CIF etc), hygiène (Dove, Axe, Signal etc), alimentaire (Knorr, Amora, Alsa, Lipton, Thé éléphant) etc
La firme connait une croissance soutenue depuis 10 ans et une rentabilité éclatante :
- 44 milliards d'euros de chiffre d'affaires 2010
- 4,6 milliards d'euros de bénéfices 2010
Unilever, roi du dumping et des licenciements boursiers
Afin d'accroitre sa rentabilité, Unilever est lancé depuis 2000 dans une course à la réduction des coûts, grâce à des plans de délocalisation et d'externalisation.
Unilever est aussi expert en dumping fiscal : il utilise en France le système des "prix de cession" qui permet, via d'habiles facturations entre filiales, de dégonfler artificiellement le bénéfice imposable d'un groupe. Via une structure suisse, Unilever économise ainsi 60 millions d'euros par an en impôts français.
247 000 salariés en 2000 -> 167 000 en 2010
= soit une baisse de 33 % des effectifs en 10 ans
Un premier plan de restructuration 2000-2007 a supprimé 53 000 emplois dont 4 500 en France.
Un second plan lancé en 2007 prévoit la suppression de 20 000 emplois supplémentaires.
Plusieurs sites de production rentables sont touchés en France :
- 2008 : 250 salariés licenciés à l'usine Miko de Saint-Dizier (Haute Marne). Alors que l'usine était bénéficiaire.
- 2008 : fermeture d'une usine Amora à Dijon, 300 salariés licenciés (usine bénéficiaire de 25 millions d'euros en 2007)
- 2010 : annonce par Unilever de la fermeture de Fralib Gémenos et de la délocalisation de la production en Belgique et en Pologne
La liquidation de Fralib à Gémenos
Fralib, la filiale Thé d'Unilever, comptait 650 salariés en 1997 sur 3 sites de production en France à Gémenos, Poitiers et au Havre. En 2010 seul le site de Gémenos subsistait avec 182 salariés. L'usine du Havre a fermé en 1998 (150 emplois supprimés) et une cinquantaine de ses salariés ont alors accepté de venir travailler à Gémenos en abandonnant leur vie au Havre. Pour eux, la fermeture de Gémenos sonne comme un cauchemar à répétition.
La direction d'Unilever a annoncé en septembre 2010 la fermeture de l'usine de Gémenos et la suppression des 182 emplois.
Cette décision de fermeture a été suspendue en février 2011 par la justice pour justification insuffisante et défaut d'information du Comité d'entreprise : le motif économique de la fermeture est en effet douteux puisque l'usine est rentable. Le plan social proposé par Unilever a aussi été annulé par la justice pour insuffisance compte tenu de la taille du groupe et de ses moyens financiers. Les reclassements proposés sont en effet très limités (par exemple seulement 2 postes de techniciens de maintenance proposés pour 46 suppressions).
Faute de nouvelle information plus significative et d'amélioration réelle du plan social, les syndicats ont à nouveau saisi la justice en référé. La décision est attendue le 29 juin.
Le projet de reprise par les salariés en coopérative se heurte à Unilever
L'usine est rentable et dispose de son propre marché en France puisque 70 % de la production est vendue en France (les 30 % restants en Europe).
Les salariés de l'usine de Gémenos ont une forte productivité : leurs salaires ne représentent que 15 centimes d'euros sur une boite de thé vendue autour de 2 euros, soit à peine 7,5 %.
Le PDG mondial d'Unilever a un salaire annuel qui représente la moitié de la masse salariale totale des 182 salariés de Géménos.
Avec le soutien de la région, les salariés, encadrement compris, ont proposé de reprendre l'activité en coopérative. Unilever s'y oppose catégoriquement et refuse de céder la marque Thé Eléphant.
Des propositions pour répondre à la situation :
  • Interdire les licenciements boursiers et empêcher les délocalisations :
    • - interdiction des licenciements dans les entreprises bénéficiaires
    • - droit de véto suspensif des représentants du personnel en cas de fermeture/délocalisation
    • - droit de reprise de l'activité par les salariés en coopérative, avec soutien juridique et financier public
    • - mise sous séquestre des savoirs faires ou outils de travail stratégiques, dont la délocalisation ferait perdre son autonomie de production à la France / l'Europe
  • Taxer les importations pour relocaliser l'activité :
    • - taxation dissuasive en France des importations réalisées par des entreprises délocalisatrices (annuler l'avantage de coût lié à la délocalisation)
    • - taxation européenne des importations en fonction des distances parcourues (taxe kilométrique pour inciter à la relocalisation)
    • - bouclier douanier selon le contenu écologique et social des produits

mercredi 22 juin 2011

Le peuple peut reprendre le pouvoir

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Jean-Luc Mélenchon, investi candidat du Front de gauche, estime qu'en prenant une décision exceptionnelle, le PCF est « fidèle aux seuls intérêts du peuple ».
Vous souhaitiez un vote « franc » 
en votre faveur. Avec près de 60 % des voix, êtes-vous satisfait ?
Jean-Luc Mélenchon. Je vis pleinement l'honneur qui m'est fait et le poids de la tâche qui 
est dorénavant la mienne. 
Je mesure surtout l'importance du moment. Les communistes viennent de prendre une décision exceptionnelle. Elle répond à la situation exceptionnelle que nous vivons. À gauche, nous avons le devoir de sortir de nos routines pour ouvrir au plus vite un chemin progressiste dans la catastrophe que répand le capitalisme. 
Les communistes ont su le faire. Cela démontre au passage à tous les sceptiques qu'un parti politique peut être fidèle aux seuls intérêts du peuple.
Comment, avec votre candidature, l'ensemble des partenaires, actuels et à venir, du Front de gauche vont-ils s'inscrire dans la campagne présidentielle et législative ?
Jean-Luc Mélenchon. Comme ils 
le souhaitent ! Nous sommes 
à la fois unis et divers. Dans notre rassemblement, chacun reste lui-même et apporte ce qu'il a de meilleur. Mon modèle est la campagne de 2005 (sur le traité constitutionnel européen – NDLR). Pas seulement parce que nous avons gagné. Mais aussi parce que, cette année-là, nous avons inventé un type de campagne radicalement collectif, fondé sur l'implication du peuple et l'imagination de chacun.
Vous vous référez volontiers 
à votre livre et ses cinq chapitres programmatiques. Le « programme partagé » du Front de gauche, 
qui vient d'être élaboré, sera-t-il celui du candidat que vous êtes devenu ?
Jean-Luc Mélenchon. Je suis le candidat du Front de gauche, de ses militants et de son programme. Ce n'est pas difficile car nous l'avons écrit ensemble ! Je m'y suis personnellement beaucoup impliqué. Mes convictions s'y retrouvent assez largement pour que je ne sois jamais embarrassé et plutôt enthousiaste. Et pour le reste, je suis comme tout le monde, j'ajouterais et je retrancherais volontiers ici ou là.
À la veille des congés d'été, quelle sera votre campagne sur le terrain ?
Jean-Luc Mélenchon. Mon premier déplacement sera dans les Bouches-du-Rhône, auprès de travailleurs de Fralib, qui veulent reprendre en coopérative leur usine menacée de délocalisation. Leur action résume bien ce que porte le Front de gauche. En se mobilisant et en dépassant les limites étroites de la propriété capitaliste, ces salariés défendent l'intérêt général contre les logiques financières. Ensuite, le 29 juin, à Paris, place Stalingrad, ce sera notre premier meeting de campagne et d'appel au rassemblement. Tous ceux qui le souhaitent pourront investir ce soir-là une place publique, comme le font les peuples arabes ou les Indignés en Espagne et en Grèce. C'est un symbole car nous pensons qu'en France aussi il nous faut une révolution citoyenne.
Face à Sarkozy, que porte d'original 
à gauche le Front de gauche ?
Jean-Luc Mélenchon. Il est le seul 
à porter l'ambition de regrouper une majorité pour gouverner la France sur un programme de radicalité concrète, sociale, écologique et républicaine. Il est le seul à appeler à une implication populaire forte à travers des assemblées citoyennes. Et il s'en donne les moyens : le Front de gauche incarne l'unité, comme va le confirmer dans les jours 
à venir son élargissement à plusieurs mouvements politiques.
Le Front de gauche peut-il forcer 
le passage face au vote utile qui 
se profile ?
Jean-Luc Mélenchon. C'est tout l'enjeu de la bataille. Personne ne peut en prédire l'issue. Nos idées sont en phase avec l'exaspération sans précédent que provoque 
la mise en coupe réglée des sociétés par les intérêts financiers. Dans la campagne, notre objectif sera de montrer que le peuple peut reprendre le pouvoir que l'oligarchie lui a confisqué. Si nous y parvenons, tout est possible. Nous sommes le vote utile pour le grand nombre. Les autres votes sont des votes de résignation 
ou d'accompagnement de
la crise en cours.
Le débat est ouvert au sein du Front de gauche pour qu'il trouve sa voie dans son élargissement. 
Quelle est votre opinion ?
Jean-Luc Mélenchon. Cet élargissement est en train de se réaliser avec l'entrée de nouvelles organisations. J'invite maintenant tous ceux qui nous regardaient avec intérêt, mais hésitaient en se demandant si nous étions capables de continuer ensemble 
à franchir le pas, à venir participer à notre campagne. Surtout, j'appelle chaque personne 
qui se sent concernée par notre action à s'y impliquer elle-même 
à son rythme et avec ses méthodes. 
Face aux millions d'euros que 
les autres vont mobiliser pour
faire campagne, notre grande force est celle qui vient du terrain, 
c'est notre nombre, notre 
savoir-faire, notre intimité 
avec notre peuple.
Entretien réalisé par Mina Kaci